Dans la cour d'un simple lycée, discutaient de simples centaines de lycéens. Groupes par groupes, ils partageaient leurs derniers potins, les dernière tendances à la mode, ou pourquoi pas le garçon qui est dans le collimateur de la rousse à lunettes. Par-ci, par-là les minettes à la mode, habillées fashion et sexy pour plaire aux garçons, là-bas des mecs aussi fashion tectonick qu'elles, ou même à l'autre bout les mecs en bagy et en grosses chaussures qui ne parlent que de filles et de grosses voitures, plus loin le coin des babas cool pleins d'entrain et de joie de vivre, et juste ici les intellos qui débattent sur l'exercice qui avait été donné la veille. Rien ici ne laissait perplexe, juste des gens normaux, des gens avec des problèmes différents, des gens avec des familles différentes, des gens tous aussi uniques les uns que les autres. Chacun son style, chacun son allure, chacun sa particularité, mais tous cette peur de faire tâche appart et de sortir du moule dans lequel ils se sont fondus depuis bien longtemps déjà. Aucun ne viendrait à sortir de son petit groupe et d'imposer un peu de sa personne. C'est ainsi le monde dans lequel nous vivons, au profil de centaines de regards qui nous scrutent lorsque nous descendons du bus, lorsque nous allons chercher nos plateaux au self ou quand nous passons au tableau. Ils ne laissent rien échapper, ta réputation sera faite sinon. Maintenant ou plus tard, ta façon de t'habiller, de te comporter, d'être, pour eux, cela rejoint à ta façon de penser et ta façon d'être. C'est ainsi qu'où que tu ailles, tu es dans le clan des fashion, des intellos, des racailles, ou des babas. Bien d'autres existent encore, mais c'est ainsi que c'est là où tu décides de te caser, qui déterminera ta façon d'agir, qui déterminera là où ils te mettront. Nous vivons tous dans le regard des autres, nous agissons pour le regard des autres.
Et lorsque un garçon androgyne arrive nouveau dans un lycée, accompagné de sa s½ur gothique, il est aussi bien casé que les autres mais d'une façon bien pire. Pourquoi ? Parce qu'il est différent.
C'est ainsi qu'à l'arrivée de Bill et de Tania, une tempête de regards abasourdis, suivie de paroles aussi déplaisantes les unes que les autres fusants de tous les côtés. Les doigts qui se pointent suivis des dos qui se retournent, des regards qui t'attrapent et qui te passent au scanner des pieds à la tête. Mais la dernière touche, le coup final se sont les commentaires, et les gloussements qui parfois finissent en moqueries désordonnées. C'est dans ce genre de situations qu'on meurt d'envie de disparaître sous terre. Que malgré toutes les choses qu'on peut se dire pour calmer la douleur, ses regards-là, ils piquent, ils brûlent. C'est ainsi que Tania eut les larmes qui lui montaient aux yeux, et qu'elle préféra baisser la tête que plutôt affronter les inconnus. En s'en apercevant, Bill, lui chuchota à l'oreille : « N'oublie pas ce que je t'ai dis tout à l'heure, nous sommes plus forts qu'eux »
Tania releva alors la tête d'un air de défit, puis attrapa la main de Bill, qui la serra pour lui montrer toute sa confiance. Les regards devenaient de plus en plus gros, et les paroles déplaisantes exercèrent un crescendo rapide. Mais à présent, la main qui les unissait les rendait invincibles, et plus rien ne les touchait. C'est unis qu'ils traversèrent la foule d'élèves incomprise, unis comme s'ils n'étaient qu'un. Mais c'était ce qu'on leur avait toujours appris : être unis. La clef de leur mystère.
Bill et Tania firent irruption dans le bureau de la CPE où se trouvaient déjà une jeune fille aux cheveux mordorés, elle était assise sur une chaise devant le bureau qui dominait la pièce. Ses mains cachant son visage, elle pleurait. Les deux Limystayer se lâchèrent la mains, et attendirent, que le CPE qui caressait le dos de la jeune fille, prennent conscience de leur présence.
« Comment était-il ce garçon ? Tu es sûre qu'il est au lycée ?
- Ou-oui... Il... Il avait ces queues de rats dans les cheveux... Je... Je sais plus comment ça s'appelle...
- Des dreads ? Éluda le CPE
- Oui, oui, c'est ça... Puis avec une.. Une casquette... Il fait partie de la bande des... des racailles... On... on le v-voit souvent en re-retenue
- Ah, je vois Mr. Kau... »
Le CPE fut interrompu par le « toc-toc' » que venait d'exercer Bill sur la porte d'entrée. Lorsqu'il fit volte-face ils fut pris au dépourvu : il avait complètement oublié l'arrivée de Tania et Bill Limystayer au lycée. L'homme se leva à toute vitesse et se dirigea vers les deux jeunes.
« Oh ! Bonjour Bill Limystayer, bonjour Tania Limystayer, dit-il en leur serrant tour à tour la main, Mr. Watson, je m'excuse, j'avais complètement oublié votre arrivée.
- Vous avez des circonstances atténuantes, je présume que ce qui est arrivé à cette demoiselle en pleurs mérite d'accorder plus d'importance qu'à notre arrivée pour le moins perturbante, récita Bill d'un ton solennel. »
La demoiselle en question dévoila ses yeux rougis, et les pointa en direction du garçon qui venait de parler. Son teint qui était auparavant rougis par les larmes, vira au cramoisi. Quand à Mr. Watson, il fut pris encore une fois au dépourvu, mais cette fois-ci par la majesté dont avait fait preuve Bill. Il ajouta donc d'un ton chaleureux :
« Vous êtes les bien venus ici. Venez par ici nous allons vérifier certaines choses »
Les deux jeunes s'avancèrent vers le bureau, Mr. Watson s'assit derrière celui-ci. Quand à Bill et Tania, eux, ne s'assirent pas, la seule chaise étant prise par la 'demoiselle en pleur'. Qui d'ailleurs, n'était plus, puisqu'elle observait les deux jeunes gens avec indiscrétion. Bill et Tania, passèrent une demi heure dans ce bureau à compléter leurs inscriptions, à parler du règlement intérieur, et bien d'autres choses futiles. Ils sortirent du bureau tranquillement. Bill qui était plongé dans son emploi du temps annonça :
« Je suis en Terminale F et je commence avec Maths, génial ! Dit-il avec un ton ironique, et toi ?
- Ah moi en Première B et je commence avec... Philo ! Ça me paraît supportable !
- Chanceuse ! Après faut espérer que... »
Bill fut interrompu par la sonnerie la plus horrible qui puisse exister : celle qui annonçait le début d'un cours. Les deux jeunes se regardèrent pendant un petit moment, puis Bill caressa l'épaule et lui dit d'un ton qu'il voulait rassurant :
« Ne t'inquiètes pas, ça va aller, n'oublie rien de ce que je t'ai dis. »
Et il s'en alla vers sa classe avant même que sa s½ur n'eut le temps de dire quoi que ce soit. Les élèves étaient déjà rangés, Bill n'eut d'autre choix que de ce mettre au fond de la rangée, détournant le regard, s'obligeant à croiser celui de personne. Néanmoins, il n'était pas sourd. Pendant le trajet le menant à sa classe, Bill était perdu dans ses pensées, il pensait à Tania. Il se faisait énormément de soucis pour elle, c'était sa s½ur, il l'aimait et ne pouvait se résoudre à la savoir mal. Ce fut avec surprise qu'il se retrouva dans sa salle de classe, il n'avait pas vu le trajet passer. Effectivement, en tant que dernier, ou plutôt en tant que nouveau, Bill ne sut pas où s'asseoir, les places étant déjà accordées en début d'année. Il aperçut seulement une place vide devant, et une place vide derrière. Ayant toujours détesté être devant, il se dirigea vers le fond, mais un garçon rasé de près qui avait l'air de faire parti de la bande des « racailles » l'arrêta :
« Tu croyais t'asseoir où toi ? Bouges »
Bill ne pipa mot. Le professeur, après avoir posé son sac sur son bureau se racla la gorge pour obtenir le silence. Ce n'est que lorsqu'il l'eut et qu'il parcourut la classe qu'il s'aperçut que Bill était resté debout au fond à côté d'une place vide. L'homme s'approcha de lui et commença :
« Oh bonjour Mr. Lim... Lim.. Euh..
- Limystayer Monsieur, prononça Bill d'une voix distincte
- Oui, Bonjour Bill Limystayer. Je suis Mr. Bec, votre prof de Maths. Je suis désolé de constater qu'il n'y ai plu de place. Attendez on va arranger ça. »
Mr. Bec posa son regard sur la place non occupée, ce qui donna un faux espoir à Bill.
« Tenez ! Ça tombe très bien que Mr. Kaulitz ne soit arrivé, je voulais le mettre devant depuis longtemps. Il n'aura pas à rechigner quand il se pointera, sa place sera déjà prise. Donc, Melle Etelizas, je vous propose de vous prendre la place de Mr Kaulitz ! Ainsi nous le mettrons devant avec Mr. Lim..
- Limystayer, répéta Bill en prenant soin de cacher son agacement.
- Limystayer, c'est ça. »
Bill prit place, et sortit les affaires qu'il avait prit soin d'acheter la veille. Une demi heure passa, en ayant beau essayer de s'intéresser sur le sens de variation d'une fonction, Bill faillit plonger dans le rêve, si quelqu'un n'aurait pas frappé à la porte à cet instant.
« Entrez Monsieur Kaulitz !! »
Ce nom disait quelque chose à Bill, mais son étonnement dut au fait que le professeur devina directement qui était derrière la porte l'emporta. Ce fut lorsque la personne entra que Bill comprit de qui il s'agissait : casquette, bandeau, dreads, baggy, chaussures de skater. C'était le garçon qui avait du mal à la fille qui pleurait dans le bureau du CPE. Pour confirmer ses conclusions, Mr. Bec le sermonna lorsqu'il eut parcouru le papier de retard du garçon :
« Monsieur Tom Kaulitz ! A la place de vous en prendre aux secondes, vous feriez mieux de remettre en question votre...
- Wooh ! Pourquoi l'intello elle a pris ma place ?! S'écria Tom
- Et bien il se trouve que nous accueillons un nouveau aujourd'hui !! »
Tom se tut, et chercha des yeux le nouveau en question. Lorsqu'il vit Bill, celui-ci le regardait droit dans les yeux, sa fatigue l'avait totalement déserté, et une flamme dansait dans ses yeux...
POV BILL
Je ne sus ce qui se produisit à ce moment précis. Il se tenait devant moi. Je n'aimais pas son accoutrement, sa façon de parler, et sûrement sa façon de penser. Pourtant je ne pouvais m'empêcher de le trouver beau. Il me fascinait. Ses yeux bruns, malgré les lumières de la salle de classe qui se reflétaient en deux points lumineux dans ses pupilles, je voyais autre chose. Un secret, quelque chose de profond, ou peut être une pièce du puzzle en moins. Je n'y voyais rien en même temps, quelque chose de mort faisait baisser la lueur des chandelles. C'est ainsi que je m'y reconnaissais dedans, j'y voyais quelque chose de moi. Ses sourcils me montraient l'illusion qu'il faisait subir aux autres, ce qu'il leur faisait croire : quelqu'un de fort, de malin, de sûr. Pourtant, j'y voyais autre chose : je voyais quelque chose de fragile, quelqu'un qui aurait aimé qu'on le prenne dans ses bras pour le rassurer, quelqu'un qui aurait aimé qu'on lui promulgue des mots doux pour le rassurer. J'étais fasciné par lui. Je ne savais pas ce qui m'arrivait, pourquoi j'avais cette envie incessante de le toucher, de le serrer dans mes bras, de lui parler doucement, de lui caresser les cheveux. Je perdis à ce moment là toute notion du temps. Combien de temps cela faisait que j'étais là, à le regarder, à le fixer.
Fin POV BILL
Cela faisait maintenant plus d'une minute que Bill et Tom se fixaient. Tous deux avaient le visage fermé, la bouche légèrement entre ouverte, les yeux grand ouvert qui n'avaient pas sourcillés une seule fois. On aurait dit qu'ils étaient en connexion, qu'ils se parlaient à travers la pensée. Personne n'avait osé faire un bruit, par crainte de quelque chose qu'ils ignoraient. Peut être qu'ils voyaient une sorte de magie entre les deux garçons et qu'ils ne voulaient pas troubler. Personne ne le savait, mais ce qui se passait là n'était pas quelque chose de courant. Pourtant il y avait tout de même une espèce de tension insoutenable qui régnait là, seul le professeur eut le courage d'y mettre fin.
« Monsieur Kaulitz ! Quand vous aurez fini de dévisager votre camarade, vous me ferez le plaisir de vous asseoir ! »
Le dénommé Kaulitz ne répondit pas.
« MONSIEUR KAULITZ ! »
Tom fut cette fois-ci surprit et sursauta à l'appel du professeur. Il alla s'asseoir sans ajouter un mot. La fin du cours se passa dans une tension encore plus évidente. Bill ne pouvait s'empêcher de regarder Tom, qui lui rendait des regards meurtriers à chaque coup d'½il. Le brun se sentit affreusement coupable de l'avoir regardé de cette façon car il aurait pu se douter que garçon comme Tom prendrait pour « l'approche d'une tapette ». Pourtant quand Bill se retournait vers Tom, c'était son regard pesant qui était déjà sur lui avant même qu'il se retourne. Un regard empreint d'une certaine haine, comme si Bill avait fait quelque chose de mal. Lorsque le fin du cours sonna, ce fut comme si un poids avait quitté le jeune androgyne. Pourtant le fait de quitter Tom pour la récréation lui en rajouta un autre, très bizarre.
Lorsque Bill rejoignit sa s½ur, elle était devant son nouveau casier entourée de trois filles. L'une était blonde platine aux yeux noisettes, les cheveux relevés en queue de cheval. Elle était très belle, paraissait un peu superficielle, mais belle. Grande et mince, elle portait un débardeur rose, un peu précoce pour ce début de printemps, ainsi qu'un slim en Jean. Une brune bouclée du même gabarit qu'elle, en petite jupe émeraude approuvait de la tête chaque parole de son amie. Les deux jeunes filles étaient vraiment très belles, mais surtout bien mises en valeurs grâce à leur maquillage, et leurs vêtements moulants. Seule la petite rouquine placée un peu plus derrières elles, paraissait plus naturelle et véritablement jolie. Des tâches de rousseurs se dispersaient ici et là sur son visage pourtant magnifiquement pâle, contrairement à ses deux compères qui carburaient à l'auto bronzant. Ses cheveux bouclés coupés au niveau du menton mettaient en valeur son visage rond. Deux sourcils bien dessinés surlignait ses yeux d'un couleur étrangement marron bleu. Cependant, sa façon se d'habiller contrastait peu des deux autres filles, elle portait un t-shirt à manches longes marron décolleté accompagné d'une mini jupe assortie au haut. Mais malgré tout elle faisait plus naturelles que les deux autres.
« Et donc toi c'est Tana ? Interrogea la blonde
- TanIA, rectifia l'intéressée amèrement
- Mh, oui Tania, ok.. Moi c'est Jessica, elle c'est Kimberly et elle...
- Sonia ! Lança la rouquine en se montrant alors qu'elle était restée derrière
- Sonia, répéta Jessica en fusillant du regard la rousse. Alors je t'explique, ici soit tu intègres notre bande, soit tu intègres une autre bande de branchées...
- Ce qui va pas être facile avec ton look, ajouta Kimberly en la dévisageant des pieds à la tête
- Exactement, nous tu vois on est des âmes sensibles, on vient te proposer de t'intégrer avec nous. Mais, si tu restes de ton côté tu te feras marcher sur les pieds. À toi de voir, continua Jessica. »
Tania claqua son casier et fit face à trois filles, ou plutôt aux deux filles, Sonia était repartie derrière.
« Bon, on va pas épiloguer là-dessus. Sachez simplement que des filles comme vous, j'en ai vu des centaines dans les précédents lycées. C'est pas maintenant que je vais intégrer un bande de pimbêches qui n'en ont que pour leur réputation, leur maquillage, leur réputation, et aussi leur maquillage. Ah oui, j'avais oublié : les mecs. Ça vous va comme réponse ? Récita Tania dans s'arrêter, et d'une même voix. »
Alors que Kimerbly et Jessica restaient sans voix, Sonia elle souriait dans son coin.
« Saches espèce de petite gothique immature que...
- Elle n'a besoin de rien savoir, c'est qu'une no-life »
Un garçon aux dreads faisant partie intégrante des rappeurs, venait de faire irruption et avait pris Jessica par la taille. Tom embrassa fougueusement son amie. Ce fut Bill qui vint interrompre leur baiser.
« Hum, hum c'est moi ou vous avez traité ma s½ur de no-life ?
- Laisses tomber Bill, je peux me débrouiller toute seule, contra Tania
- Je m'en charges.
- Ta s½ur ? Ah ouai, je comprends mieux. Qui se ressemble s'assemble, fit Tom
- Je suis d'accord, d'ailleurs ce dicton marche aussi pour les boulets, la preuve, annonça Bill en regardant tour à tour Tom et Jessica.
- Tu vas voir sale tapette. On provoque pas les gens comme moi
- C'est sûr que les gens comme toi, font catégorie appart vu leur pauvre mentalité »
S'en était trop, Tom s'avança devant Bill et plaqua son poing contre son torse. Bill ne mit pas longtemps à réagir, il bloqua le bras du garçon avant qu'il ne le touche. Cependant, lorsque sa main toucha le poignet de Tom, Bill éprouva une intense brûlure au niveau de la pomme de sa main
(bande de perverses je suis sûre que vous y avez pensé). Tom, quand à lui, cru qu'on venait de lui brûler le poignet.
« Wouuaaïe !!!!! S'écrièrent-ils à la même seconde tout en s'éloignant précipitamment l'un de l'autre
- Tom, Tom qu'est-ce qu'il t'a fait ? S'exclama Jessica en essayant de prendre Tom dans ces bras qui gesticulait de partout en se soufflant sur la poignet
- Fous moi la paix putin, lui cria-t-il en la repoussant vivement, toi la tapette on se revoit plus tard !!
- C'est ça » répondit calmement Bill qui se frottait la main
La bande tourna les talons, seule Sonia se détourna vers Bill et Tania et leur adressa un petit signe de la main accompagné d'un clin d'½il. Tania émit un petit rire, avant de prendre Bill par le t-shirt et de lui crier dans les oreilles :
« Qu'est-ce que t'as foutu encore ducon ?!
- J'en sais rien moi-même
- T'es pas censé dévoiler ça en public !!
- Tu ne remarques rien ?
- Si ! Tu l'as brûlé lorsque tu l'as touché ! On en a beaucoup parlé ! Tu veux nous refaire déménager ?! »
La jeune fille faisait des grands signes tant sa confusion était grande, Bill l'arrêta d'un geste.
« Mais j'ai rien fait ! Réfléchis, si j'aurais essayé, je me serais pas brûlé moi-même ! Touche ma main elle est bouillante !! »
Tania attrapa la pomme de la main de son frère et la lâcha vivement tant elle était fiévreuse
« C'est étrange, je ne peux pas la toucher tellement c'est chaud
- Maintenant arrêtes de m'engueuler pour des conneries que je n'ai jamais faites !
- Oui, mais t'aurais pas dut t'en mêler, je suis assez grande
- Désolé, je ne supporte pas qu'on te rabaisse, dit-il le sourire en coin, en lui caressant les cheveux de sa main valide
- La prochaine fois tu devras supporter, s'écria-t-elle en lui retira la main »
Bill soupira puis ajouta :
« N'empêche, la rousse elle a l'air super sympa
- Oui ! La pauvre m'a l'air complètement enrôlée par les deux autres » ria Tania
La journée passa ainsi, entre regards mauvais de la bande à Tom, insultes, retrouvailles réconfortantes pour Bill et Tania. Ce fut lors de la dernière sonnerie que la tension baissa réellement.
« Grouilles Bill, faut qu'on aille chercher Luna à la maternelle
- Ça te dérangerais d'y aller seule ? Demanda Bill gêné
- Euh, non bien sûr que non, mais pourquoi ?
- J'ai envie de rester seul quelques instants
- Si c'est ce que tu souhaites, tels sont tes désirs ! » Dit Tania sur un ton solennel
Et elle s'en alla en sautillant, Bill la gratifia d'un sourire qu'elle ne vit pas. Le jeune homme poussa un long soupir de plaisir à l'idée de vagabonder seul dans les rues de Hambourg seul, ou en tête-à-tête avec sa conscience. Ils aimaient se retrouver seuls à seuls afin de débattre sur les derniers évènements, sur de dernières notions de la vie à acquérir. C'était ainsi qu'il se plaisait. Le souffle léger de la fin de journée venait lui caresser le visage. Le soleil couchant caché par quelques nuages ballonnés, les transperçaient en émettant d'épais rayons de lumières dans le ciel. On aurait dit qu'un spot était caché derrière un rideau. Se produisait alors un contraste magique de bleu foncé et d'orangé. Ainsi Bill déambulait dans les rues profitant du magnifique spectacle qui s'offrait devant lui. Ce fut lorsqu'il passa devant une ruelle étroite que son monologue intérieur pris fin. Une main l'attira par son t-shirt dans l'étroit passage. Il n'eut pas le temps de calculer quoi que se soit, qu'il se trouvait plaqué contre un mur avec Tom devant lui :
« Tu m'explique ? Commença brusquement le dreadeux
- Quoi ? Fit Bill complètement abasourdis
- Ce qu'il s'est passé quand tu m'as arrêté
- Qu'est-ce que je suis censé savoir de plus que toi ? Demanda Bill en fronçant les sourcils
- Toi, t'es bizarre, avec toi il s'est passé un truc bizarre, alors t'as solution aux bizarreries » répondis Tom le sourire en coin
Bill émit un petit rire, puis se dégagea de Tom, en jouant du coude pour le plaquer à son tour contre le mur :
« Ok, je suis bizarre et toi tu es un superficiel, éluda Bill imitant le sourire maintenant effacé de Tom
- Si ça t'amuses , dit Tom en se débattant
- Rien m'amuse, toi si, sinon tu ne m'aurais pas suivi pour rien
- Qui t'as dis que je t'ai suivi pour rien, contra Tom toujours en se débattant
- Personne mais c'est pour le moment ce que tu me fais croire, argumenta Bill d'une voix toujours aussi calme
- Lâche moi, s'énerva Tom
- Pour quelqu'un qui voulait me faire regretter de t'avoir fais mal, tu me parais peu persuasif » conclut Bill d'un ton rieur
Et il relâcha son prisonnier avant de faire demi tour l'air de rien, même s'il savait pertinemment que Tom était derrière lui à le suivre.
« Alors comme ça tu aimes bien les gens bizarres ? Fit Bill d'un coup
- Tu racontes n'importe quoi
- Dans ce cas, pourquoi me suis-tu ? Dit Bill en se retournant et fixant Tom l'air supérieur
- J'ai pas le droit ? Demanda Tom l'air niais
- Ta réputation te l'interdis je pense, ricana l'androgyne
- Ils ne sauront rien
- C'est bien ce que je pensais
- Quoi ?
- Tu n'en as que pour te réputation de racaille, de mec fort, mais tu n'es pas comme ça.
- J'ai jamais dis que j'aimais les gens bizarre
- Allez change du sujet, tu m'énerves... Et puis laisses tomber »
Puis il continua son chemin, Tom toujours derrière le suivant. Il le rattrapa et se posta à côté de lui, en continuant de marcher :
« Rien n'empêche de discuter n'est-ce pas ? Commença Tom
- Pourquoi pas, mais c'est pas moi qui va commencer
- D'accord... Euh c'est encore loin ? Commença Tom après un temps de pause
- Personne t'as dit de me suivre
- Répond à ma question
- C'est la maison là-bas, indiqua Bill en pointant le doigt vers une bâtisse blanche de genre ancien mais dont émanait beaucoup de classe
- Wah ! Tes parents font quoi ? Et puis pour avoir une si grande maison tu dois avoir pleins de frères et s½urs !
- Ma mère est psychologue pour enfants et mon père, bein lui, il écrit.
- Et donc t'as des frères et s½urs ?
- Tu m'énerves avec tes questions, on est arrivés, allé a plus, ponctua Bill sans accorder un regard à Tom tout en changeant de rue et en disparaissant dans la vieille maison blanche.
Le dreadeux soupira puis tourna les talons en secouant la tête.
« Putin il est trop bizarre ce mec, j'aimerais bien savoir plus... Je comprends rien, pourquoi je m'intéresse à la vie d'une tapette ? D'ailleurs il a pas l'air d'en être une, vu comment il m'a remballé... » rumina-t-il tout en écoutant son ipod.
SUITE
« Je suis rentré ! Lança l'androgyne lorsqu'il passa le seuil de la porte
- Hey Bill ! Viens voir qui est là, répondit la voix d'Éléa »
Un éclair traversa Bill, et il se souvint enfin que Andréas venait ce soir-là. Il se précipita donc, après avoir balancé son sac dans la cage d'escalier, vers le salon. Déjà, Léon, Tim, les deux parents étaient assis autour d'une table basse, où étaient déposées quelques boissons. Bill chercha des yeux Andréas. Un garçon grand et mince fit irruption dans la pièce tenant un paquet recouvert d'un papier rouge qui luisait. Il avait un petit visage fin qui rappelait celui d'Éléa, surtout par le nez retroussé. Des cheveux blonds en bataille cachaient le haut de son visage, mais on arrivait malgré tout à apercevoir des yeux noir à reflets. Les deux androgynes se prirent dans les bras. Leur accolade dura une bonne poignée de seconde, avant de se séparer :
« Trop content de te voir ! Commença Bill enjoué
- Pareil ! Tiens ouvre ça, dit Andréas en lui tendant le paquet, un sourire en coin
- Fallait pas ! Fit Bill avec gêne
- Si, si tu va voir, je suis sûr que ça va te plaire. C'est le même cadeau que pour Tania, » continua Andréas toujours aussi malicieux
Bill parcouru le papier de ses doigts fins et n'eut pas de mal à enlever le papier cadeau. Il ouvrit ensuite la boîte de carton et y trouva à l'intérieur encore quelque chose caché dans papier journal. Le brun soupira, et jeta un petit regard faussement agacé à Andréas. Puis il retira le papier journal et y découvrit une poupée cousue entièrement en tissus de couleur marron, tenant droite grâce à deux petits morceaux de bois plantés à l'intérieur. La tête, étant recouverte d'un autre tissus blanc, avait des boutons cousus pour l'emplacement des yeux, accompagnés d'une grossière couture pour la bouche. Des petits bouts de laine sortaient ici et là tout autour de la terre, imitant des cheveux. Bill ne comprit pas exactement où Andréas voulait en venir mais sa lanterne s'éclaircit, lorsqu'il découvrit des bâtons d'encens de pins et de cèdre, une bougie noire, des épingles et des morceaux de parchemins tout au fond de la boîte. Le garçon éclata de rire, puis regarda Andréas avec sérieux :
« C'est une blague n'est-ce pas ?
- Bein non ! C'est la solution pour te venger en douceur des boulets du lycée ! »
Bill éclata de rire à nouveau puis continua :
« Une poupée vaudou ! Tu pouvais pas trouver mieux ! Tania sera ravie, la vengeance sera terrible !
- Utilisation interdite sur la famille, enfin je précise on sait jamais hein, risqua Léon, taquin
- C'Est-ce qu'on verra, fit Bill ironique en lui adressant un petit clin d'½il
- Bon ça va vous fera un rituel de plus, mais c'est pour la bonne cause, ajouta Andréas
- Ah... Euh oui mais... Enfin, vous êtes d'accord qu'on s'en serve ? Parce que je pense pas que cette poupée soit de la pacotille, je me trompe Andréas ?
- Ah, ça j'ai fait l'impossible pour la trouver, je peux te promettre que c'est une vraie, éclaira-t-il
- Donc ?
- Bein oui ! Sinon on aurait pas autorisé Andréas de vous l'offrir à toi et Tania. Enfin, il y a quelques conditions, dit Éléa d'un air toujours aussi jovial, histoire de ne pas plomber l'ambiance
- Oui mais ça, on en reparlera ce soir le moment venu » conclut Alex du même air
Tania et Luna rentrèrent, eurent droit elles aussi à leurs cadeaux. Les retrouvailles eurent lieu dans l'euphorie. Les heures passèrent donc vite, et ce fut bientôt l'heure de se coucher pour Luna. Bill fut désigné pour la mettre au lit.
« Fais de beaux rêves ma chérie, chuchota-t-il en la bordant
- Toi aussi, fais pas de cauchemars »
Bill l'avait oublié celui-là, entre tout ce qui s'était passé dans cette journée. Le souvenir du rêve qu'il allait sûrement refaire lui donna les frissons.
« Merci » réussit-il simplement à dire.
Puis il lui colla un baiser sur le front avant de s'en aller, et sortit de la chambre à pas feutrés. En refermant la porte il se trouva nez à nez avec Andréas.
« Qu'est-ce que tu fais là ?
- Il fallait que je te parle »
Nouveau frisson
« Je t'écoute, articula Bill à mi-mot
- J'ai remarqué que ça n'allait pas, que ce passe-t-il ?
- On en parle plus tard s'il te plaît » répondit Bill en esquivant Andréas sur le côté avant de redescendre en rez-de-chaussée
Les garçons se rassirent tour à tour à table. Ce fut Léon qui mit de l'huile sur le feu :
« Au fait Bill tu t'es encore réveillé en criant ce matin, c'était ton mauvais rêve n'est-ce pas ? »
Bill abasourdi, laissa tomber ses couverts qui produirent un son assez désagréable lorsqu'ils percutèrent l'assiette. Il releva les yeux et dit avec acidité :
« Vous vous êtes donnés le mot ou quoi ? »
Les personnes assises à tables se regardèrent tour à tour, puis, Éléa posa délicatement ses couverts et se pencha vers Bill.
« Bill, parles moi plutôt de ton rêve »
L'intéressé soupira longuement, puis commença son récit après une longue pause. Les yeux plongés dans le vide, on devinait qu'ils suivaient le chemin de ce que pouvaient lui offrir les souvenirs de la nuit passée. Il avait l'air pourtant absent et racontait tout d'une voix pausée, plate, sans changer d'intonation. Lorsqu'il eut fini, il cligna les paupières comme s'il revenait d'un voyage lointain. Éléa parut un peu gênée puis commença :
« Et ça fait longtemps que tu fais ce rêve ?
- Et bien il m'est arrivé plusieurs fois de le faire auparavant mais pas comme là, pas trois nuits de suite
- On leur demandera tout à l'heure qu'est-ce que ça peut signifier, mais je pense que tu as compris qu'elle était la présence qui te suivait pendant ta course dans la forêt ? Interrogea Éléa
- Oui, ce pourquoi je suis ici, éluda le brun
- Exact, confirma la mère
- Ce serait donc l'origine de ma transformation ? »
Éléa ne répondit pas et baissa les yeux, Bill soupira encore plus fort puis déclara avec agacement
« Quand est-ce qu'on pourra enfin nous révéler nos origines ?!
- Tu sais très bien qu'on ne peut pas, se sont les règles, » contra Alex sèchement
Le repas se poursuivit dans le silence. Ce fut Tania qui fit irruption :
« Euh je crois que c'est l'heure
- Effectivement, » fit Éléa après s'être retounée pour regarder la majestueuse horloge.
La famille se leva de table sans ajouter un mot et se dirigea calmement vers la cage d'escaliers qu'ils montèrent solennellement l'un derrière l'autre.
Le grenier ne ressemblait pas à un grenier quelconque. Bien qu'une multitudes de piles de cartons s'entassaient un peu partout : en son centre était dessiné un pentacle tracé au sol. Éléa sortit cinq bougies noires d'une petite étagère, qu'elle disposa sur les cinq branches du pentacle, avant de les allumer. Elle fit signe aux membres de la famille de la rejoindre à l'intérieur du pentacle. Seul Andréas resta à côté de la porte d'entrée, bien calé sur un pouf de velours rouge. Les autres s'assirent en cercle à autour du rond constituant le pentacle et se lièrent les mains. D'une pression de la main exercée par Éléa en signe de départ : Alex, elle-même, Tim, Bill, Tania et Léon se mirent à réciter une incantation latine. Chose faite, ils déposèrent en même temps leurs mains sur la ligne du cercle appartenant au pentacle. Un gigantesque rayon rouge surgit, couvrant toute la surface du disque, plongeant la pièce dans une couleur rougeâtre. Ce fut au bout de deux minutes qu'une fumée blanche s'ajouta au rayon rouge, on en devinait un visage, sans consistance. La fumée était creusée par endroits formant des yeux, une bouche et un nez. Éléa se mit à parler
« Bonsoir Bastah, nos intentions sont bonnes comme toujours »
Une voix inhumaine, sombre, affreusement grave résonna dans la pièce glaçant le sang des sept personnes présentes bien qu'ils y étaient habitués :
« Bonsoir, vos intentions sont toujours aussi bonnes et semblables.
- Ainsi en est le contrat, nous demandons soutient de la stabilité des transformés
- Tel en est . Me vouez vous le rituel jusqu'à ce qu'ils soient près ?
- Nous vous le vouons, firent les six en même temps
- Accordé. Y'aurait-il autre chose ?
- Bastah, accorderiez-vous un nouveau rituel pour deux personnes ici présentes ?
- La nature du rituel, exigea la voix
- Vaudou
- Quelles en sont les intentions ?
- Vengeance
- Juez-le
- Nous le jurons, firent-ils en choeur
- Accordé. Autre chose ?
- Un des garçons ici présent rêve depuis trois nuits de sa transformation, savez-vous quelque chose ?
- Je sais que vous devez rester ici dans cette ville le plus longtemps possible »
La fumée s'évapora comme elle était venue, le rayon rouge fit de même éteignant les bougies d'un seul souffle.
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TADAAAAAMMMM ! ça commence à être glock hein hein hein ? niahahaha *rire diabolique* et non ! vous n'aurez pas d'explications sur qu'est-ce que c'est que ce bordel de Bastah, de transformations, de rituels... Non, non rien ! Il vous faudra suivre l'histoire et vous comprendrez petit à petit ! En tout cas, c'était la fin du chapitre 2, le chapitre 3 je ferais pareil, je posterais petits bouts par petits bouts. Vous l'autez sûrement à la fin de la semaine prochaine, parce que après... Et bien c'est la rentré... Et je suis désolée de vous dire que je serais la semaine en internat (niahaha !! =D plus b'soin de débarasser la table -_-"), et donc je ne posterais que des chapitres chaque week end, là je pense que ce sera une petite partie le vendredi soir quand je reviendrais, une autre le samedi matin, le soir, dimanche etc... Et le dimanche soir vous aurez un chapitre entier ! Puis je continuerais à écrire la semaine, dans mes heures perdues dans mon lit après le couvre-feu, sous la couverture, une lampe de poche de la main gauche, ma feuille de papier sur mes genoux et le stylo à la main droite... Et là, le pion qui arrive "Fanny ! Tu dors pas ?! Quest-ce que tu foux ?" "Bein euh j'écris une yaoi, tu crois quoi ?" ok... C'est bon j'arrête de vous faire chier là...
Sinon vous avez pensé quoi de ce chapitre 2 pour le moin étraaannge *niahahahaaa*
Critiiiiques =)
[J'ai aussi changé la photo, parce que celle d'avant Bill faisait un peu trop chaud-genre-ya-un-lemon-dans-ce-chapitre-hum-tom-je-tatten-sur-mon-lit-draps-léopard alors que en fait pas du tout du tout :/ Ce sera pour plus taaaarrrrd niaaahahaaaa *oui promis y'aura des lémons mais pas encore*.... Et effectivement comme l'a dit un commentaire ele est horrible cette image, Bill fait vilain xD]
<3
J'avais aussi dessiné les personnages de la fiction, si ça vous interesse (je vais les refaire avant parce que c'est bien brouillon)