Le Yaoi c'est de l'Art

Le Yaoi c'est de l'Art
Aujourd'hui , je viens faire de la pub pour la fic d'une très grande amie, précipitez vous dessus :


C'est pas une fic sur TH, et ce n'est psa du yaoi ni une relatoin hétéro, je vous laises deviner ^^ Sa change et c'est énorme, allez lire s'il vous plaît., l'écriture est géniale, l'histoire bien construite. Elle ne peut que vous plaire.

/!\Hallo Leute /!\


Je me suis décidée à écrire une nouvelle fic, une Yaoi cette fois-ci.
Ma première fan-fiction ici coécrite avec ma meilleure amie.


Bon maintenant, je tiens à vous prévenir [tadaaam pitin on se croit dans harry potter --"]. Cette fiction sera assez exeptionelle, voici de quoi vous préparer :


~ Les POV seront sûrement peu nombreux, je préfère alterner les points de vue externes et omniscients.

~ Je me suis inspirée du roman "Fascination" de Stephenie Meyer [pour plus de détails, le lien donné est un site qui retranscri bien la trame] pour écrire cette fiction. Enfin, je vous rassure, il n'y aura pas de vampires, ni de loups garoux mais il y aura aussi une sorte d'alchimie entre les deux personnages qui vous feront sûrement penser à Edward et Bella (ainsi qu'un mystère très étrange qui rôdera sur Bill) Mais ta gueule Fanny, tu vas tout leur dire !!!.

~ Pour les grandes amatrices de YAOI, vous devrez attendre les lémon. Je dois avouer que je n'aime pas les histoires où Bill et Tom ont des relations à la seconde page, c'est trop facile je vous dirais. Et jusqu'à preuve du contraire c'est ma fiction XP j'fais c'que je veux non mais ohw

~ Je tiens à vous prévenir de la longueur des chapitre qui sera relativement élevée. Ils seront donc postés sous plusieurs parties. Aussi, si vous voulez être prévenu des suites, laissez un commentaire me le demandant. Je vous préviendrais. Par contre je ne donnerais pas de délais pour le post des chapitres, c'est-à-dire que ce ne sera pas forcément un chapitre tous les deux jours ou cinq chapitre par semaine. Néanmoins j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire le prologue et le premier chapitre, qui font quatre pages recto verso (j'ai mis deux jours à les écrire, si c'est pour vous dire). Je suis très motivée, et pense sincèrement poster beaucoup.

~ J'aimerais tout de même avoir assez de visites histoires de ne pas poster pour deux ou trois personnes. Ce sera comme je le sens, car l'écriture d'une fiction est une sorte de loisir et je n'y vois pas de contraintes à respecter à ce niveau-là.

~ Je vous autorise à faire de la pub, mais avec modération, seulement pour me faire connaître vos fictions, je ne veux pas de publicités de blogs persos. ET JE NE VEUX QUE DES PUBS DE YAOI (j'aime pas les fic hétéro) Si vous avez des critiques, des remarques, ou même des questions, posez-les par commentaire ou par message c'est comme vous le souhaitez. Mais surtout n'hésitez pas, les critiques seront les bienvenues. Prévenez moi aussi pour les fautes grammaticales ou d'orthographe, *je rougi à cette demande* parce qu'il faut que je m'améliore, un de mes plus grands souhaits est d'écrire sans erreurs.


Pour finir je souhaite vous prévenir d'encore une chose : cette yaoi est spéciale, le surnaturel et la magie y ont une place relativement primordiale, ne vous inquiétez pas, il n'y aura pas de abradabri abracadabra ;)Ce sera beaucoup plus sérieux.

/!\ So... I Think We Can Start... NOW /!\


___________________________________________
___________________________________________

Voici les personnes qui veulent et qui seront prévenues des suites :

ELLE ... ELLE ...ELLE ... ELLE ... ELLE ... ELLE ... ELLE ... ELLE
... ELLE ... ELLE ... ELLE ... ELLE ... ELLE ... ELLE ...

C'est chiant les liens skyblog ça beugue au taquet -- Le dégradé c'est mis tout seul je comprends pas Oo

___________________________________________
___________________________________________


Lien d'annuaires :

- blogs-fan-fics-yaoi
psychodelique-annuaire

[si vous voulez de la pub dites le ici, je vous la fait. Seulement pour les fictions par contre]

a-dream-fic-th483 ; xxxx-fic-xxxx ; Ich-Bin-Nicht-Ich-Yaoi

Elle ne me l'a pas demandé mais je me dois de lui en faire un : <3




PAGE 2 : PERSONNAGES DE LA FICTION

# Posté le mardi 03 juin 2008 13:30

Modifié le mercredi 18 février 2009 18:03

Prologue

Prologue
Le couple tremblait d'impatience, et d'anxiété, à connaître le verdict de l'assistante sociale, qui s'activait à fouiller dans une pile de dossiers. Enfin, lorsqu'elle trouva l'objet de ses recherches, elle le posa sur le bureau devant lequel était assis les parents. Puis, elle les considéra avec gravité, et commença sur le même ton en les regardant tour à tour :

« Alors, c'est votre définitive décision ? »

La jeune femme se racla la gorge et dit d'une voix mal assurée, contrastant avec l'expression fermée de son visage qu'elle voulait persuasive :

« Ou.. Oui.. On ne peut plus continuer ainsi. Cela fait maintenant deux fois qu'on l'envoie dans ces hôpitaux psychiatriques et qu'il revient dans le même état... On... On ne peut pas... On ne peut plus le garder... En tant que notre... Fils. »

Sur ce mot, la main de l'homme resserra son étreinte sur la sienne. Pendant son discours, il avait approuvé ses paroles par des caresses de la main, comme pour l'encourager. La décision avait été prise depuis un moment déjà, pourtant la situation n'avait jamais été aussi difficile.

« Bon... Je vous avais déjà parlé de la famille d'accueil Limystayer ?
- Oui, cela me dit quelque chose, risqua l'homme
- Et bien.. Ils sont en quelque sorte une famille qui accueille les cas comme votre fils. Ils ont déjà quatre enfants à leur charge, qui d'après informations sont devenus des enfants calmes et normaux. Mais la garde de l'enfant leur est attribuée jusqu'à la majorité. Qu'en pensez vous ?
- Notre fils, deviendra jamais quelqu'un avec nous. Nous... Nous l'avons déjà perdu.
- Bien.. Je crois que le verdict est tombé. Je vous appellerai pour vous confirmer l'adoption. Je les avais déjà prévenus, étant pratiquement sûre que telle serait votre décision. S'il n'y a aucun problèmes de plus, maintenant, de simples formalités restent à régler.
- Si vous le dites...
- Alors, on fait comme ça. Rentrez bien et bon courage, c'est une étape très difficile que vous vivez, mais vous la surmonterez. Aurevoir, je vous tiens au courant le plus vite possible. »

Le couple quitta le bureau le visage livide, et les yeux affreusement dénués d'émotion. Lorsque la porte se referma derrière eux, la femme se jeta dans les bras de son mari et pleura dans son cou à chaudes larmes. Le flot de mots qui coulait de sa bouche était incompréhensible, tant ils étaient entremêlés de sanglots précipités. L'homme la rassurait du mieux qu'il le pouvait, en lui caressant les cheveux avec amour. Enfin, il dit d'une voix à peine audible, que elle seule put entendre :

« C'est pour son bien. Penses à la douleur de son frère, il faudra être forts pour lui.. »




___________________________________________

Et maintenant, vous savez ce qu'il vous reste à faire... C'est à dire : critiques, critiques et encore critiques [euh j'aime aussi les critiques gentilles é.è]. Je crois que j'ai édité ce chapitre au moins cinq fois. Là je crois qu'il n'y a plus de fautes. Voilou !

[En ce qui concerne la pix j'ai été complètement désertée en matière d'idées là, si vous en avez une que vous jugeriez bien pour ce prologue faites la moi passer]

# Posté le mardi 03 juin 2008 14:31

Modifié le dimanche 10 mai 2009 09:07

Chapitre 1 : "Une complicité sans pareille"

Chapitre 1 : "Une complicité sans pareille"
POV ...

Je marche dans la forêt assombrie, seuls quelques rayons de soleil s'infiltrent parmi les épais feuillages. Une mélodie résonne dans ma tête. Ou peut-être pas seulement dans ma tête. C'est un timbre de voix familier et enfantin, presque sautillant, qui récite une comptine « Un, deux, trois je m'en vais au bois ! ». Bizarrement, moi aussi je sautille, je ris même aux éclats. « Quatre, cinq, six cueillir des cerises ! ». Je ne ris plus, ma marche est devenue une petite course, je fuis à présent quelque chose. Je ne sais pas ce que c'est pourtant... Alors que mon subconscient, lui, à l'air d'être au courent. Je ne cesse de regarder derrière moi, mais n'aperçoit que les herbes couchées par mes pas. . « Sept, huit , neuf... ». La voix est maintenant lointaine, je n'en entend même pas la fin. Je me met à courir vite, des racines me faisant trébucher. Les haies, les ronces se font de plus en plus nombreuses, m'obligeant à me courber, à les rebrousser sur mon passage, mais surtout meurtrissent mon visage, mes poignets et mes chevilles. Mais je n'en ressens rien, seule ma course m'importe. On en entendrait presque la musique. Car à présent, la comptine s'est évaporée, seul le martèlement assourdissant que profane mon c½ur résonne au creux de mes oreilles, dont le lobe est rougi par l'air frai. Soudain, comme si les ténèbres venaient de sortir de nulle part, cette chose m'a rattrapé. Tout est noir, je m'effondre, les lumières qui encore jusqu'ici dansaient de tous les côtés ont disparu. Je dois juste être assommé, pourtant c'est comme si c'était la fin, une spirale tourne, et me donne l'impression de laisser derrière moi, tout ce qui m'est cher. Les battements de mon c½ur augmentent leur volume, je meurs d'envie de lui crier de se taire, car il est devenu sauvage. Oh pitié tais toi, laisse moi mourir. Soudain une voix cadavérique surgit, et prononce des paroles dans une langue étrangère. Jusqu'ici je n'étais pas arrivé à émettre un seul son, mais comme sauvé par une main inconnue, un cri sort du plus profond de ma gorge. Les rideaux qui recouvrent mes yeux s'ouvrent. Une clarté aveuglante surgit...

« Saleté de réveil !! »

Oui, j'aime bien Marilyn Manson, mais le matin ça me donne des envies subites de meurtre. C'est pas vrai... ça me revient... Encore ce satané rêve... Cela fait je crois, trois nuits qu'il ne cesse de revenir. C'est depuis que... nous sommes arrivés ici...

Fin POV ...

Des pas précipités se firent entendre de la cage d'escalier, alors que le jeune homme s'étirait tel un chat. La porte d'entrée s'ouvrit brusquement et claqua lorsqu'elle se referma sur elle-même, alors qu'une petite tête blonde apparaissait dans l'entrebâillement.

« Biiiiiiiiiiillllll !!!! »

Le dénommé Bill tourna la tête et un sourire radieux fendit son visage.

« Luna ! Dit-il avec une teinte d'ironie qui pourtant ne trahissait pas une touche de joie
- Tu as crié ! T'as encore fait un cauchemar, c'était plus une affirmation, qu'une question
- De quoi tu parles ?
- Mais si ! Tu m'avais raconté quand tu courais dans la forêt
- Et la miss, c'est moi le grand frère je te rappelles »

Luna rougit sur ces derniers mots. Elle appréciait beaucoup qu'on la considérait avec tant d'affection.

« Bill, tu viens petit déjeuner ? C'est prêt. Éléa a même fait une tarte aux fraises !
- Je vois... Dans ce cas je me dépêche ! »

Luna sautilla partout dans la chambre, puis s'en alla après avoir collé une bise sur la joue à Bill. Ce dernier ricana, puis s'essuya la joue : c'était bien un baiser mouillé d'enfant. Pourtant il les aimait ces baisers-là.

Le brun se leva enfin de son lit et disparut dans la salle de bain afin de prendre sa douche. Une heure passa avant qu'il ne sorte enfin. Mais on aurait dit une personne différente de la précédente qui apparut. Non, en vérité, c'était le même Bill qu'au réveil, mais cette fois-ci émanaient de lui un charisme et une allure sans pareils. Son visage mit en valeur avec perfection, lui rendait un air presque angélique. Air angélique pourtant trahit, par un côté sombre. Ses yeux noisettes sillonnés par un trait noir, ainsi que par des cils allongés au mascara, lui rendaient un regard profond dont on ne pouvait se décrocher lorsqu'on l'avait croisé. Ses cheveux bruns ébouriffés de tous les côtés, soulignaient un certain côté extravaguant qui était loin d'être de trop. Sa silhouette longiligne était vantée par des vêtements moulants. Tandis qu'une ceinture à piques témoignait sa minceur, un pantalon en jean noir porté assez bas, laissait entrevoir une étoile gravée au côté droit de son bassin. Un t-shirt noir à imprimés, faisait resplendir sa carrure faiseuse de rêves. Des bracelets qui variaient des piques aux chaînes s'empilaient sur ses bras, et étaient complétés par une parfaite manucure noire aux bouts blancs.
L'adjectif de « beauté » ne suffisait évidement pas, il y avait quelque chose de parfait, voire même d'irréel.

Le jeune homme s'approcha du miroir qui surplombait le côté droit de sa chambre, il s'y arrêta, fit un tour sur lui-même puis marmonna d'un air un peu trop sûr :

« Mais oui t'es beau »

Une voix différente de celle de Luna, mais aussi teintée de malice fit irruption dans la chambre :

« Bill ! Ça va être froid ! »

Le garçon sortit rapidement de sa chambre, et se pencha à la cage d'escalier en s'exclamant :

« J'arrive Éléa ! »

Et il se rua vers les escaliers et les descendit à toute vitesse, accompagné par le « tac, tac » incessant que faisaient ses santiags lorsqu'elles se posaient éphémèrement sur une marche.
Lorsqu'il fit irruption dans la salle à manger, il remarqua avec un peu de gêne qu'il était dernier et qu'il avait été attendu. Pourtant c'était souvent le cas. Une table longue se dressait au centre de la pièce. A son bout, y était assis un homme, qu'on devinait d'aussi grande taille que Bill. Ses yeux bleus presque transparents allaient à ravir avec son visage aux traits bien dessinés, et à la peau plus blanche que nature. Seuls ses cheveux noirs et ses lèvres rouge sang profanaient un contraste plus qu'envoûtant. Alex commença alors :

« Bonjour Bill, viens manger, la tarte est plus qu'excellente »

Bill s'assit alors à la place auquel il s'était vu attribué. A sa droite se trouvait l'innocente beauté de Luna, et à sa gauche un garçon aux cheveux mi-longs roux et aux yeux vert émeraude. Émanaient de lui une chaleur étrange, une joie de vivre évidente et naturelle : sa beauté était aussi aveuglante que celle de ses compères.

« Bien dormi Léon ? 
- Très ! Mais toi avec le cris que tu as poussé, j'en conclus que non, répondit-il d'une voix dynamique.
- Ah.. Laisse, ça n'a aucune importance, fit Bill peu convainquant.
- Je crois au contraire que si, il faudrait que tu en parles à Éléa.
- On vera. »

La conversation était clause. Bill le montra en mordant dans sa tarte. Le brun poussa un soupir de plaisir lorsque ses babines goûtèrent à cette exquise saveur sucrée. Après avoir savouré sa part de tarte, il se tourna en direction d'une femme qui devait être aussi âgée qu'Alex. Ses cheveux étaient châtains clairs, ses yeux noisettes, teintés de verts lui donnant un air mystérieux, sa peau à elle, était plutôt mâte. Un petit né retroussé la rendait fabuleusement enfantine. Ce, malgré son âge qui s'élevait étonnamment à une quarantaine d'années. Son visage n'émanait que de la bonté, et tout comme pour Léon, tout son être reflétait une joie de vivre contagieuse.

« Éléa, tu as des doigts de fée. »

L'intéressée étira un sourire envoûtant faisant découvrir des dents plus blanches que nature, allant à ravir avec ses lèvres, dont la teinte était d'un rouge époustouflant.
Le petit déjeuner se déroula dans la bonne humeur. Alors qu'en Bill, l'anxiété fignolait son nid. Lorsque Éléa se leva pour lever la table, Luna s'exclama :

« Est-ce que Bill et Tania peuvent m'amener à l'école pour le premier jour ? »

La dénommée Tania, assise à droite d'Alex soupira, puis se leva pour aller prendre Luna dans ses bras. Le tableau était magnifique, la complicité qu'il y avait entre les deux s½urs était touchante, alors qu'il y avait un contraste physique que l'on ne pouvait pas ignorer. Elles n'étaient évidemment pas de vraies s½urs. Alors qu'une ressemblait à une princesse de porcelaine avec ses boucles d'or et ses yeux bleus, l'autre était une fille aux iris noirs, aux longs cheveux raides bruns dont les reflets qui s'y échappaient, étaient aveuglants. Seuls leur teint limpide et leur bouche rouge se révélaient jumelles. Ainsi que bien sûr, leur beauté hypnotique.

« Alors c'est oui ! Et toi Billou ?
- A ton avis ?
- Sa va être un super premier jour d'école !! »

Bill baissa les yeux et marmonna pour lui-même un « parles pour toi » très peu enthousiaste.
Une demi heure plus tard, Luna, Léon, Bill et Tania se trouvaient dans le vestibule de la maison attendant quelque chose. Ou plutôt quelqu'un : un garçon asiatique fit irruption parmi eux. Il était coiffé de cheveux rouges avec une frange, et quelques mèches qui se dispersaient de chaque côté de la frange. Derrière, des piques coiffées au gel s'étiraient, rappelant la coiffure de Bill. Ses yeux dont on pourrait jurer y voir ceux d'un loup par leur teinte jaunâtre, avaient des reflets étincelants. Une voix feutrée sortit de sa bouche lorsqu'il annonça :

« Bon ! Je crois que le moment est arrivé !
- Oui comme une bonne dizaine de fois, compléta Tania
- Bein quoi ? Nouvelle ville, nouveau bahut !
- C'est bon Tim ! Enfonces pas le couteau la plaie ! Rappliqua à nouveau Tania
- Moi je suis contente de me faire des nouvelles copines !
- Trêve de bavardages Luna, faut y aller ! »

Les cinq jeunes s'engouffrèrent dans la rue éclairée par le soleil de printemps. Oui, ils étaient arrivés dans cette ville en milieu d'année. Les Limystayer déménageaient souvent, pour certaines raisons de sûreté.

« Au moins, le positif c'est qu'ici il fait beau ! Annonça Tania d'une voix peu enjouée
- Te plaints pas Tania, je te signale que moi je me retrouve pommé à la fac. Toi t'as Bill au lycée.
- Je proteste ! Au collège, je serais aussi pommé que toi Tim !
- Ouai, mais au lycée les gens se fient plus aux apparences que n'importe où,protesta Bill, je m'attends déjà aux réflexions « regarde la tapette ! ». Et toi Léon, tu me fais bien rire, on va pas te manger au collège, surtout que t'es en troisième,
- Hé, Bill t'as oublié « regardes la fille avec lui ! Roh la no life !» Ajouta Tania »

La discussion se termina ici, ça avait toujours été comme ça, tous le savaient très bien. Ce n'était pas maintenant que ça allait changer. Seule Luna, vint tout de même apporter une touche de gaieté :

« Et ! Vous vous souvenez que Andréas vient nous voir ce soir ! »

Les quatre adolescents eurent un sourire à cette pensée et continuèrent de marcher avec un peu plus d'entrain. Andréas était le premier à avoir atteint la majorité, et les avait quitté pour rejoindre sa vraie famille. Mais le lien qu'il avait avec les Limystayer était si fort, qu'il venait leur rendre visite dès qu'il le pouvait.
Tim et Léon changèrent de direction plus tôt que les autres pour se rendre à leurs destinations, ceci après avoir embrassé Luna et avoir donné quelques derniers encouragements à Bill et Tania.
Arrivés à la maternelle, de nombreuses mamans embrassaient leurs enfants et refaisaient leurs lacets tout en leur prodiguant des « N'oublie pas ton goûter » ou « Sois sage » et bien d'autres recommandations. A cette vue-là, Bill eut peur que Luna se sente appart. Il s'agenouilla devant elle, tandis que Tania l'imitait :

« Bonne journée ma belle, fais toi plein de copines, dit-il
- Oui, tu nous raconteras toute ta journée ce soir ! En plus Andréas sera là pour t'écouter, alors n'oublie aucun détail de cette première journée, ajouta Tania sur le même ton protecteur que Bill. »

Puis elle colla un bisou sur la joue avant de se relever et de lui adresser un caresse du revers de la main. Bill fit de même après lui avoir ébouriffé les cheveux. Luna émit un rire sans pareil qui fit gonfler le c½ur des deux adolescents. Puis, elle s'en alla vers ses nouveaux camarades en sautillant. Bill et Tania s'en allèrent sans se retourner, ils savaient qu'autant d'enfants que d'adultes étaient en train de les observer avec curiosité.

Le silence s'était installé entre Bill et Tania. Soudain, cette dernière s'arrêta devant une vitrine teintée sur laquelle se reflétait sa personne. C'était une fille de taille moyenne à la silhouette élancée. Elle ressemblait beaucoup à Bill, bien qu'aucun lien de sang ne les unissaient. Elle aussi était souvent comparée à une espèce d'ange des ténèbres. Tania n'arrêtait pas de se dévisager, se regardait de haut en bas. Ses couleurs ne variaient pas du noir, du rouge et du blanc. Haut rayé rouge et noir, manges à résilles noires, mitaines en cuir noires, jupe noire sans ourlet, chaussettes montantes rouges et noires, bottes à chaînes : rien en elle ne passait inaperçu. Pourtant elle donnait une impression de renfermement, comme si elle vivait dans une bulle qu'elle cultivait avec précaution de peur d'être envenimée par les autres.
Bill qui continuait à marcher, s'aperçu un peu tard qu'il lui manquait sa s½ur. Il se retourna pour la chercher, et l'aperçu devant cette vitrine à cent mètres déjà. Il était tellement perdu dans ses pensées que la distance qui les séparaient n'était pas anodine. En la voyant ainsi, seule, frêle, impuissante, il accourut vers elle et la prit dans ses bras. Une larme avait déjà coulé sur la joue de sa s½ur. Le regard vide, perdu au loin.

« Qu'y a-t-il ?
- J'ai peur
- De quoi as-tu peur ?
- Mais des autres, de leurs regards ! Malgré le temps, ils me font toujours mal. Ils sont pire qu'une piqûre que l'on pourrait m'infliger. Regardes moi, je ne suis pas comme eux.
- Tu sais que nous ne sommes pas comme les autres. Mais nous sommes uniques.
- C'est ce que je me suis toujours dis... Mais aujourd'hui je n'y arrive pas... Un mauvais pressentiment...
- Chut... Je suis là, tu le sais, on ne risque rien à deux. Les regards ne peuvent pas nous toucher...
- Tu dis nous, à deux. Mais seule, on a un an de décalage. Je serais seule dans ma classe ... Seule, leurs regards sont douloureux.. Comment fais tu pour les supporter ?
- C'est juste que.. Ce sont eux qui me font pitié. Ils n'ont rien vécu de ce que nous, on a vécu. Ils disent qu'on est des tapettes, et tous ces trucs, alors qu'on est plus forts que n'importe lequel d'entre eux.. Je parle dans tous les sens du terme, tu le sais.
- Oui... Bien plus forts qu'eux... »

Son expression changea rapidement pour laisser place à un sourire malicieux, mais aussi diabolique.

« Bein voilà, tu n'as qu'à leur faire ce sourire là, je suis sûre qu'ils partiront tous en courant ! »

Tania éclata de rire puis ajouta

« Grouilles toi ma tapette préférée ! On va être en retard !
- Tu m'as appelle comment ? La tapette ?
- Non ! MA tapette ! C'est pas pareil !
- Mh.. Oui j'avoue ! Attends voir que je t'attrape ! »

Et ils s'en allèrent en courant à travers les rues, riant aux éclats. Leur complicité était sans pareille.


___________________________________________

Et voilà le premier chapitre posté intégralemeeent !! A vous maintenant de me donner vos critiques !

Bouh j'ai mal au dos, c'était long à retaper, surtout que ça fait longtemps que je l'ai écris ce chapitre et j'ai dut donc modifier plein de choses.

Chères lectrices, je vous aime

[Vous savez quoi ? Mon correcteur en chef, est un homme, et il déteste TH. Mais vive lui]


# Posté le samedi 12 juillet 2008 18:15

Modifié le dimanche 24 août 2008 18:14

Chapitre 2 : Fascination maléfique

Chapitre 2 : Fascination maléfique
Dans la cour d'un simple lycée, discutaient de simples centaines de lycéens. Groupes par groupes, ils partageaient leurs derniers potins, les dernière tendances à la mode, ou pourquoi pas le garçon qui est dans le collimateur de la rousse à lunettes. Par-ci, par-là les minettes à la mode, habillées fashion et sexy pour plaire aux garçons, là-bas des mecs aussi fashion tectonick qu'elles, ou même à l'autre bout les mecs en bagy et en grosses chaussures qui ne parlent que de filles et de grosses voitures, plus loin le coin des babas cool pleins d'entrain et de joie de vivre, et juste ici les intellos qui débattent sur l'exercice qui avait été donné la veille. Rien ici ne laissait perplexe, juste des gens normaux, des gens avec des problèmes différents, des gens avec des familles différentes, des gens tous aussi uniques les uns que les autres. Chacun son style, chacun son allure, chacun sa particularité, mais tous cette peur de faire tâche appart et de sortir du moule dans lequel ils se sont fondus depuis bien longtemps déjà. Aucun ne viendrait à sortir de son petit groupe et d'imposer un peu de sa personne. C'est ainsi le monde dans lequel nous vivons, au profil de centaines de regards qui nous scrutent lorsque nous descendons du bus, lorsque nous allons chercher nos plateaux au self ou quand nous passons au tableau. Ils ne laissent rien échapper, ta réputation sera faite sinon. Maintenant ou plus tard, ta façon de t'habiller, de te comporter, d'être, pour eux, cela rejoint à ta façon de penser et ta façon d'être. C'est ainsi qu'où que tu ailles, tu es dans le clan des fashion, des intellos, des racailles, ou des babas. Bien d'autres existent encore, mais c'est ainsi que c'est là où tu décides de te caser, qui déterminera ta façon d'agir, qui déterminera là où ils te mettront. Nous vivons tous dans le regard des autres, nous agissons pour le regard des autres.
Et lorsque un garçon androgyne arrive nouveau dans un lycée, accompagné de sa s½ur gothique, il est aussi bien casé que les autres mais d'une façon bien pire. Pourquoi ? Parce qu'il est différent.
C'est ainsi qu'à l'arrivée de Bill et de Tania, une tempête de regards abasourdis, suivie de paroles aussi déplaisantes les unes que les autres fusants de tous les côtés. Les doigts qui se pointent suivis des dos qui se retournent, des regards qui t'attrapent et qui te passent au scanner des pieds à la tête. Mais la dernière touche, le coup final se sont les commentaires, et les gloussements qui parfois finissent en moqueries désordonnées. C'est dans ce genre de situations qu'on meurt d'envie de disparaître sous terre. Que malgré toutes les choses qu'on peut se dire pour calmer la douleur, ses regards-là, ils piquent, ils brûlent. C'est ainsi que Tania eut les larmes qui lui montaient aux yeux, et qu'elle préféra baisser la tête que plutôt affronter les inconnus. En s'en apercevant, Bill, lui chuchota à l'oreille : « N'oublie pas ce que je t'ai dis tout à l'heure, nous sommes plus forts qu'eux »
Tania releva alors la tête d'un air de défit, puis attrapa la main de Bill, qui la serra pour lui montrer toute sa confiance. Les regards devenaient de plus en plus gros, et les paroles déplaisantes exercèrent un crescendo rapide. Mais à présent, la main qui les unissait les rendait invincibles, et plus rien ne les touchait. C'est unis qu'ils traversèrent la foule d'élèves incomprise, unis comme s'ils n'étaient qu'un. Mais c'était ce qu'on leur avait toujours appris : être unis. La clef de leur mystère.
Bill et Tania firent irruption dans le bureau de la CPE où se trouvaient déjà une jeune fille aux cheveux mordorés, elle était assise sur une chaise devant le bureau qui dominait la pièce. Ses mains cachant son visage, elle pleurait. Les deux Limystayer se lâchèrent la mains, et attendirent, que le CPE qui caressait le dos de la jeune fille, prennent conscience de leur présence.

« Comment était-il ce garçon ? Tu es sûre qu'il est au lycée ?
- Ou-oui... Il... Il avait ces queues de rats dans les cheveux... Je... Je sais plus comment ça s'appelle...
- Des dreads ? Éluda le CPE
- Oui, oui, c'est ça... Puis avec une.. Une casquette... Il fait partie de la bande des... des racailles... On... on le v-voit souvent en re-retenue
- Ah, je vois Mr. Kau... »

Le CPE fut interrompu par le « toc-toc' » que venait d'exercer Bill sur la porte d'entrée. Lorsqu'il fit volte-face ils fut pris au dépourvu : il avait complètement oublié l'arrivée de Tania et Bill Limystayer au lycée. L'homme se leva à toute vitesse et se dirigea vers les deux jeunes.

« Oh ! Bonjour Bill Limystayer, bonjour Tania Limystayer, dit-il en leur serrant tour à tour la main, Mr. Watson, je m'excuse, j'avais complètement oublié votre arrivée.
- Vous avez des circonstances atténuantes, je présume que ce qui est arrivé à cette demoiselle en pleurs mérite d'accorder plus d'importance qu'à notre arrivée pour le moins perturbante, récita Bill d'un ton solennel. »

La demoiselle en question dévoila ses yeux rougis, et les pointa en direction du garçon qui venait de parler. Son teint qui était auparavant rougis par les larmes, vira au cramoisi. Quand à Mr. Watson, il fut pris encore une fois au dépourvu, mais cette fois-ci par la majesté dont avait fait preuve Bill. Il ajouta donc d'un ton chaleureux :

« Vous êtes les bien venus ici. Venez par ici nous allons vérifier certaines choses »

Les deux jeunes s'avancèrent vers le bureau, Mr. Watson s'assit derrière celui-ci. Quand à Bill et Tania, eux, ne s'assirent pas, la seule chaise étant prise par la 'demoiselle en pleur'. Qui d'ailleurs, n'était plus, puisqu'elle observait les deux jeunes gens avec indiscrétion. Bill et Tania, passèrent une demi heure dans ce bureau à compléter leurs inscriptions, à parler du règlement intérieur, et bien d'autres choses futiles. Ils sortirent du bureau tranquillement. Bill qui était plongé dans son emploi du temps annonça :

« Je suis en Terminale F et je commence avec Maths, génial ! Dit-il avec un ton ironique, et toi ?
- Ah moi en Première B et je commence avec... Philo ! Ça me paraît supportable !
- Chanceuse ! Après faut espérer que... »

Bill fut interrompu par la sonnerie la plus horrible qui puisse exister : celle qui annonçait le début d'un cours. Les deux jeunes se regardèrent pendant un petit moment, puis Bill caressa l'épaule et lui dit d'un ton qu'il voulait rassurant :

« Ne t'inquiètes pas, ça va aller, n'oublie rien de ce que je t'ai dis. »

Et il s'en alla vers sa classe avant même que sa s½ur n'eut le temps de dire quoi que ce soit. Les élèves étaient déjà rangés, Bill n'eut d'autre choix que de ce mettre au fond de la rangée, détournant le regard, s'obligeant à croiser celui de personne. Néanmoins, il n'était pas sourd. Pendant le trajet le menant à sa classe, Bill était perdu dans ses pensées, il pensait à Tania. Il se faisait énormément de soucis pour elle, c'était sa s½ur, il l'aimait et ne pouvait se résoudre à la savoir mal. Ce fut avec surprise qu'il se retrouva dans sa salle de classe, il n'avait pas vu le trajet passer. Effectivement, en tant que dernier, ou plutôt en tant que nouveau, Bill ne sut pas où s'asseoir, les places étant déjà accordées en début d'année. Il aperçut seulement une place vide devant, et une place vide derrière. Ayant toujours détesté être devant, il se dirigea vers le fond, mais un garçon rasé de près qui avait l'air de faire parti de la bande des « racailles » l'arrêta :

« Tu croyais t'asseoir où toi ? Bouges »

Bill ne pipa mot. Le professeur, après avoir posé son sac sur son bureau se racla la gorge pour obtenir le silence. Ce n'est que lorsqu'il l'eut et qu'il parcourut la classe qu'il s'aperçut que Bill était resté debout au fond à côté d'une place vide. L'homme s'approcha de lui et commença :

« Oh bonjour Mr. Lim... Lim.. Euh..
- Limystayer Monsieur, prononça Bill d'une voix distincte
- Oui, Bonjour Bill Limystayer. Je suis Mr. Bec, votre prof de Maths. Je suis désolé de constater qu'il n'y ai plu de place. Attendez on va arranger ça. »

Mr. Bec posa son regard sur la place non occupée, ce qui donna un faux espoir à Bill.

« Tenez ! Ça tombe très bien que Mr. Kaulitz ne soit arrivé, je voulais le mettre devant depuis longtemps. Il n'aura pas à rechigner quand il se pointera, sa place sera déjà prise. Donc, Melle Etelizas, je vous propose de vous prendre la place de Mr Kaulitz ! Ainsi nous le mettrons devant avec Mr. Lim..
- Limystayer, répéta Bill en prenant soin de cacher son agacement.
- Limystayer, c'est ça. »

Bill prit place, et sortit les affaires qu'il avait prit soin d'acheter la veille. Une demi heure passa, en ayant beau essayer de s'intéresser sur le sens de variation d'une fonction, Bill faillit plonger dans le rêve, si quelqu'un n'aurait pas frappé à la porte à cet instant.

« Entrez Monsieur Kaulitz !! »

Ce nom disait quelque chose à Bill, mais son étonnement dut au fait que le professeur devina directement qui était derrière la porte l'emporta. Ce fut lorsque la personne entra que Bill comprit de qui il s'agissait : casquette, bandeau, dreads, baggy, chaussures de skater. C'était le garçon qui avait du mal à la fille qui pleurait dans le bureau du CPE. Pour confirmer ses conclusions, Mr. Bec le sermonna lorsqu'il eut parcouru le papier de retard du garçon :

« Monsieur Tom Kaulitz ! A la place de vous en prendre aux secondes, vous feriez mieux de remettre en question votre...
- Wooh ! Pourquoi l'intello elle a pris ma place ?! S'écria Tom
- Et bien il se trouve que nous accueillons un nouveau aujourd'hui !! »

Tom se tut, et chercha des yeux le nouveau en question. Lorsqu'il vit Bill, celui-ci le regardait droit dans les yeux, sa fatigue l'avait totalement déserté, et une flamme dansait dans ses yeux...

POV BILL

Je ne sus ce qui se produisit à ce moment précis. Il se tenait devant moi. Je n'aimais pas son accoutrement, sa façon de parler, et sûrement sa façon de penser. Pourtant je ne pouvais m'empêcher de le trouver beau. Il me fascinait. Ses yeux bruns, malgré les lumières de la salle de classe qui se reflétaient en deux points lumineux dans ses pupilles, je voyais autre chose. Un secret, quelque chose de profond, ou peut être une pièce du puzzle en moins. Je n'y voyais rien en même temps, quelque chose de mort faisait baisser la lueur des chandelles. C'est ainsi que je m'y reconnaissais dedans, j'y voyais quelque chose de moi. Ses sourcils me montraient l'illusion qu'il faisait subir aux autres, ce qu'il leur faisait croire : quelqu'un de fort, de malin, de sûr. Pourtant, j'y voyais autre chose : je voyais quelque chose de fragile, quelqu'un qui aurait aimé qu'on le prenne dans ses bras pour le rassurer, quelqu'un qui aurait aimé qu'on lui promulgue des mots doux pour le rassurer. J'étais fasciné par lui. Je ne savais pas ce qui m'arrivait, pourquoi j'avais cette envie incessante de le toucher, de le serrer dans mes bras, de lui parler doucement, de lui caresser les cheveux. Je perdis à ce moment là toute notion du temps. Combien de temps cela faisait que j'étais là, à le regarder, à le fixer. 

Fin POV BILL

Cela faisait maintenant plus d'une minute que Bill et Tom se fixaient. Tous deux avaient le visage fermé, la bouche légèrement entre ouverte, les yeux grand ouvert qui n'avaient pas sourcillés une seule fois. On aurait dit qu'ils étaient en connexion, qu'ils se parlaient à travers la pensée. Personne n'avait osé faire un bruit, par crainte de quelque chose qu'ils ignoraient. Peut être qu'ils voyaient une sorte de magie entre les deux garçons et qu'ils ne voulaient pas troubler. Personne ne le savait, mais ce qui se passait là n'était pas quelque chose de courant. Pourtant il y avait tout de même une espèce de tension insoutenable qui régnait là, seul le professeur eut le courage d'y mettre fin.

« Monsieur Kaulitz ! Quand vous aurez fini de dévisager votre camarade, vous me ferez le plaisir de vous asseoir ! »

Le dénommé Kaulitz ne répondit pas.

« MONSIEUR KAULITZ ! »

Tom fut cette fois-ci surprit et sursauta à l'appel du professeur. Il alla s'asseoir sans ajouter un mot. La fin du cours se passa dans une tension encore plus évidente. Bill ne pouvait s'empêcher de regarder Tom, qui lui rendait des regards meurtriers à chaque coup d'½il. Le brun se sentit affreusement coupable de l'avoir regardé de cette façon car il aurait pu se douter que garçon comme Tom prendrait pour « l'approche d'une tapette ». Pourtant quand Bill se retournait vers Tom, c'était son regard pesant qui était déjà sur lui avant même qu'il se retourne. Un regard empreint d'une certaine haine, comme si Bill avait fait quelque chose de mal. Lorsque le fin du cours sonna, ce fut comme si un poids avait quitté le jeune androgyne. Pourtant le fait de quitter Tom pour la récréation lui en rajouta un autre, très bizarre.


Lorsque Bill rejoignit sa s½ur, elle était devant son nouveau casier entourée de trois filles. L'une était blonde platine aux yeux noisettes, les cheveux relevés en queue de cheval. Elle était très belle, paraissait un peu superficielle, mais belle. Grande et mince, elle portait un débardeur rose, un peu précoce pour ce début de printemps, ainsi qu'un slim en Jean. Une brune bouclée du même gabarit qu'elle, en petite jupe émeraude approuvait de la tête chaque parole de son amie. Les deux jeunes filles étaient vraiment très belles, mais surtout bien mises en valeurs grâce à leur maquillage, et leurs vêtements moulants. Seule la petite rouquine placée un peu plus derrières elles, paraissait plus naturelle et véritablement jolie. Des tâches de rousseurs se dispersaient ici et là sur son visage pourtant magnifiquement pâle, contrairement à ses deux compères qui carburaient à l'auto bronzant. Ses cheveux bouclés coupés au niveau du menton mettaient en valeur son visage rond. Deux sourcils bien dessinés surlignait ses yeux d'un couleur étrangement marron bleu. Cependant, sa façon se d'habiller contrastait peu des deux autres filles, elle portait un t-shirt à manches longes marron décolleté accompagné d'une mini jupe assortie au haut. Mais malgré tout elle faisait plus naturelles que les deux autres.

« Et donc toi c'est Tana ? Interrogea la blonde
- TanIA, rectifia l'intéressée amèrement
- Mh, oui Tania, ok.. Moi c'est Jessica, elle c'est Kimberly et elle...
- Sonia ! Lança la rouquine en se montrant alors qu'elle était restée derrière
- Sonia, répéta Jessica en fusillant du regard la rousse. Alors je t'explique, ici soit tu intègres notre bande, soit tu intègres une autre bande de branchées...
- Ce qui va pas être facile avec ton look, ajouta Kimberly en la dévisageant des pieds à la tête
- Exactement, nous tu vois on est des âmes sensibles, on vient te proposer de t'intégrer avec nous. Mais, si tu restes de ton côté tu te feras marcher sur les pieds. À toi de voir, continua Jessica. »

Tania claqua son casier et fit face à trois filles, ou plutôt aux deux filles, Sonia était repartie derrière.

« Bon, on va pas épiloguer là-dessus. Sachez simplement que des filles comme vous, j'en ai vu des centaines dans les précédents lycées. C'est pas maintenant que je vais intégrer un bande de pimbêches qui n'en ont que pour leur réputation, leur maquillage, leur réputation, et aussi leur maquillage. Ah oui, j'avais oublié : les mecs. Ça vous va comme réponse ? Récita Tania dans s'arrêter, et d'une même voix. »

Alors que Kimerbly et Jessica restaient sans voix, Sonia elle souriait dans son coin.

« Saches espèce de petite gothique immature que...
- Elle n'a besoin de rien savoir, c'est qu'une no-life »

Un garçon aux dreads faisant partie intégrante des rappeurs, venait de faire irruption et avait pris Jessica par la taille. Tom embrassa fougueusement son amie. Ce fut Bill qui vint interrompre leur baiser.

« Hum, hum c'est moi ou vous avez traité ma s½ur de no-life ?
- Laisses tomber Bill, je peux me débrouiller toute seule, contra Tania
- Je m'en charges.
- Ta s½ur ? Ah ouai, je comprends mieux. Qui se ressemble s'assemble, fit Tom
- Je suis d'accord, d'ailleurs ce dicton marche aussi pour les boulets, la preuve, annonça Bill en regardant tour à tour Tom et Jessica.
- Tu vas voir sale tapette. On provoque pas les gens comme moi
- C'est sûr que les gens comme toi, font catégorie appart vu leur pauvre mentalité »

S'en était trop, Tom s'avança devant Bill et plaqua son poing contre son torse. Bill ne mit pas longtemps à réagir, il bloqua le bras du garçon avant qu'il ne le touche. Cependant, lorsque sa main toucha le poignet de Tom, Bill éprouva une intense brûlure au niveau de la pomme de sa main (bande de perverses je suis sûre que vous y avez pensé). Tom, quand à lui, cru qu'on venait de lui brûler le poignet.

« Wouuaaïe !!!!! S'écrièrent-ils à la même seconde tout en s'éloignant précipitamment l'un de l'autre
- Tom, Tom qu'est-ce qu'il t'a fait ? S'exclama Jessica en essayant de prendre Tom dans ces bras qui gesticulait de partout en se soufflant sur la poignet
- Fous moi la paix putin, lui cria-t-il en la repoussant vivement, toi la tapette on se revoit plus tard !!
- C'est ça » répondit calmement Bill qui se frottait la main 

La bande tourna les talons, seule Sonia se détourna vers Bill et Tania et leur adressa un petit signe de la main accompagné d'un clin d'½il. Tania émit un petit rire, avant de prendre Bill par le t-shirt et de lui crier dans les oreilles :

« Qu'est-ce que t'as foutu encore ducon ?!
- J'en sais rien moi-même
- T'es pas censé dévoiler ça en public !!
- Tu ne remarques rien ?
- Si ! Tu l'as brûlé lorsque tu l'as touché ! On en a beaucoup parlé ! Tu veux nous refaire déménager ?! »

La jeune fille faisait des grands signes tant sa confusion était grande, Bill l'arrêta d'un geste.

« Mais j'ai rien fait ! Réfléchis, si j'aurais essayé, je me serais pas brûlé moi-même ! Touche ma main elle est bouillante !! »

Tania attrapa la pomme de la main de son frère et la lâcha vivement tant elle était fiévreuse

« C'est étrange, je ne peux pas la toucher tellement c'est chaud
- Maintenant arrêtes de m'engueuler pour des conneries que je n'ai jamais faites !
- Oui, mais t'aurais pas dut t'en mêler, je suis assez grande
- Désolé, je ne supporte pas qu'on te rabaisse, dit-il le sourire en coin, en lui caressant les cheveux de sa main valide
- La prochaine fois tu devras supporter, s'écria-t-elle en lui retira la main »

Bill soupira puis ajouta :

« N'empêche, la rousse elle a l'air super sympa 
- Oui ! La pauvre m'a l'air complètement enrôlée par les deux autres » ria Tania

La journée passa ainsi, entre regards mauvais de la bande à Tom, insultes, retrouvailles réconfortantes pour Bill et Tania. Ce fut lors de la dernière sonnerie que la tension baissa réellement.

« Grouilles Bill, faut qu'on aille chercher Luna à la maternelle
- Ça te dérangerais d'y aller seule ? Demanda Bill gêné
- Euh, non bien sûr que non, mais pourquoi ?
- J'ai envie de rester seul quelques instants
- Si c'est ce que tu souhaites, tels sont tes désirs ! » Dit Tania sur un ton solennel

Et elle s'en alla en sautillant, Bill la gratifia d'un sourire qu'elle ne vit pas. Le jeune homme poussa un long soupir de plaisir à l'idée de vagabonder seul dans les rues de Hambourg seul, ou en tête-à-tête avec sa conscience. Ils aimaient se retrouver seuls à seuls afin de débattre sur les derniers évènements, sur de dernières notions de la vie à acquérir. C'était ainsi qu'il se plaisait. Le souffle léger de la fin de journée venait lui caresser le visage. Le soleil couchant caché par quelques nuages ballonnés, les transperçaient en émettant d'épais rayons de lumières dans le ciel. On aurait dit qu'un spot était caché derrière un rideau. Se produisait alors un contraste magique de bleu foncé et d'orangé. Ainsi Bill déambulait dans les rues profitant du magnifique spectacle qui s'offrait devant lui. Ce fut lorsqu'il passa devant une ruelle étroite que son monologue intérieur pris fin. Une main l'attira par son t-shirt dans l'étroit passage. Il n'eut pas le temps de calculer quoi que se soit, qu'il se trouvait plaqué contre un mur avec Tom devant lui :

« Tu m'explique ? Commença brusquement le dreadeux
- Quoi ? Fit Bill complètement abasourdis
- Ce qu'il s'est passé quand tu m'as arrêté
- Qu'est-ce que je suis censé savoir de plus que toi ? Demanda Bill en fronçant les sourcils
- Toi, t'es bizarre, avec toi il s'est passé un truc bizarre, alors t'as solution aux bizarreries » répondis Tom le sourire en coin

Bill émit un petit rire, puis se dégagea de Tom, en jouant du coude pour le plaquer à son tour contre le mur :

« Ok, je suis bizarre et toi tu es un superficiel, éluda Bill imitant le sourire maintenant effacé de Tom
- Si ça t'amuses , dit Tom en se débattant
- Rien m'amuse, toi si, sinon tu ne m'aurais pas suivi pour rien
- Qui t'as dis que je t'ai suivi pour rien, contra Tom toujours en se débattant
- Personne mais c'est pour le moment ce que tu me fais croire, argumenta Bill d'une voix toujours aussi calme
- Lâche moi, s'énerva Tom
- Pour quelqu'un qui voulait me faire regretter de t'avoir fais mal, tu me parais peu persuasif » conclut Bill d'un ton rieur

Et il relâcha son prisonnier avant de faire demi tour l'air de rien, même s'il savait pertinemment que Tom était derrière lui à le suivre.

« Alors comme ça tu aimes bien les gens bizarres ? Fit Bill d'un coup
- Tu racontes n'importe quoi
- Dans ce cas, pourquoi me suis-tu ? Dit Bill en se retournant et fixant Tom l'air supérieur
- J'ai pas le droit ? Demanda Tom l'air niais
- Ta réputation te l'interdis je pense, ricana l'androgyne
- Ils ne sauront rien
- C'est bien ce que je pensais
- Quoi ?
- Tu n'en as que pour te réputation de racaille, de mec fort, mais tu n'es pas comme ça.
- J'ai jamais dis que j'aimais les gens bizarre
- Allez change du sujet, tu m'énerves... Et puis laisses tomber »

Puis il continua son chemin, Tom toujours derrière le suivant. Il le rattrapa et se posta à côté de lui, en continuant de marcher :

« Rien n'empêche de discuter n'est-ce pas ? Commença Tom
- Pourquoi pas, mais c'est pas moi qui va commencer
- D'accord... Euh c'est encore loin ? Commença Tom après un temps de pause
- Personne t'as dit de me suivre
- Répond à ma question
- C'est la maison là-bas, indiqua Bill en pointant le doigt vers une bâtisse blanche de genre ancien mais dont émanait beaucoup de classe
- Wah ! Tes parents font quoi ? Et puis pour avoir une si grande maison tu dois avoir pleins de frères et s½urs !
- Ma mère est psychologue pour enfants et mon père, bein lui, il écrit.
- Et donc t'as des frères et s½urs ?
- Tu m'énerves avec tes questions, on est arrivés, allé a plus, ponctua Bill sans accorder un regard à Tom tout en changeant de rue et en disparaissant dans la vieille maison blanche.

Le dreadeux soupira puis tourna les talons en secouant la tête.

« Putin il est trop bizarre ce mec, j'aimerais bien savoir plus... Je comprends rien, pourquoi je m'intéresse à la vie d'une tapette ? D'ailleurs il a pas l'air d'en être une, vu comment il m'a remballé... » rumina-t-il tout en écoutant son ipod.


SUITE


« Je suis rentré ! Lança l'androgyne lorsqu'il passa le seuil de la porte
- Hey Bill ! Viens voir qui est là, répondit la voix d'Éléa »

Un éclair traversa Bill, et il se souvint enfin que Andréas venait ce soir-là. Il se précipita donc, après avoir balancé son sac dans la cage d'escalier, vers le salon. Déjà, Léon, Tim, les deux parents étaient assis autour d'une table basse, où étaient déposées quelques boissons. Bill chercha des yeux Andréas. Un garçon grand et mince fit irruption dans la pièce tenant un paquet recouvert d'un papier rouge qui luisait. Il avait un petit visage fin qui rappelait celui d'Éléa, surtout par le nez retroussé. Des cheveux blonds en bataille cachaient le haut de son visage, mais on arrivait malgré tout à apercevoir des yeux noir à reflets. Les deux androgynes se prirent dans les bras. Leur accolade dura une bonne poignée de seconde, avant de se séparer :

« Trop content de te voir ! Commença Bill enjoué
- Pareil ! Tiens ouvre ça, dit Andréas en lui tendant le paquet, un sourire en coin
- Fallait pas ! Fit Bill avec gêne
- Si, si tu va voir, je suis sûr que ça va te plaire. C'est le même cadeau que pour Tania, » continua Andréas toujours aussi malicieux

Bill parcouru le papier de ses doigts fins et n'eut pas de mal à enlever le papier cadeau. Il ouvrit ensuite la boîte de carton et y trouva à l'intérieur encore quelque chose caché dans papier journal. Le brun soupira, et jeta un petit regard faussement agacé à Andréas. Puis il retira le papier journal et y découvrit une poupée cousue entièrement en tissus de couleur marron, tenant droite grâce à deux petits morceaux de bois plantés à l'intérieur. La tête, étant recouverte d'un autre tissus blanc, avait des boutons cousus pour l'emplacement des yeux, accompagnés d'une grossière couture pour la bouche. Des petits bouts de laine sortaient ici et là tout autour de la terre, imitant des cheveux. Bill ne comprit pas exactement où Andréas voulait en venir mais sa lanterne s'éclaircit, lorsqu'il découvrit des bâtons d'encens de pins et de cèdre, une bougie noire, des épingles et des morceaux de parchemins tout au fond de la boîte. Le garçon éclata de rire, puis regarda Andréas avec sérieux :

« C'est une blague n'est-ce pas ?
- Bein non ! C'est la solution pour te venger en douceur des boulets du lycée ! »

Bill éclata de rire à nouveau puis continua :

« Une poupée vaudou ! Tu pouvais pas trouver mieux ! Tania sera ravie, la vengeance sera terrible !
- Utilisation interdite sur la famille, enfin je précise on sait jamais hein, risqua Léon, taquin
- C'Est-ce qu'on verra, fit Bill ironique en lui adressant un petit clin d'½il
- Bon ça va vous fera un rituel de plus, mais c'est pour la bonne cause, ajouta Andréas
- Ah... Euh oui mais... Enfin, vous êtes d'accord qu'on s'en serve ? Parce que je pense pas que cette poupée soit de la pacotille, je me trompe Andréas ?
- Ah, ça j'ai fait l'impossible pour la trouver, je peux te promettre que c'est une vraie, éclaira-t-il
- Donc ?
- Bein oui ! Sinon on aurait pas autorisé Andréas de vous l'offrir à toi et Tania. Enfin, il y a quelques conditions, dit Éléa d'un air toujours aussi jovial, histoire de ne pas plomber l'ambiance
- Oui mais ça, on en reparlera ce soir le moment venu » conclut Alex du même air

Tania et Luna rentrèrent, eurent droit elles aussi à leurs cadeaux. Les retrouvailles eurent lieu dans l'euphorie. Les heures passèrent donc vite, et ce fut bientôt l'heure de se coucher pour Luna. Bill fut désigné pour la mettre au lit.

« Fais de beaux rêves ma chérie, chuchota-t-il en la bordant
- Toi aussi, fais pas de cauchemars »

Bill l'avait oublié celui-là, entre tout ce qui s'était passé dans cette journée. Le souvenir du rêve qu'il allait sûrement refaire lui donna les frissons.

« Merci » réussit-il simplement à dire.

Puis il lui colla un baiser sur le front avant de s'en aller, et sortit de la chambre à pas feutrés. En refermant la porte il se trouva nez à nez avec Andréas.

« Qu'est-ce que tu fais là ?
- Il fallait que je te parle »

Nouveau frisson

« Je t'écoute, articula Bill à mi-mot
- J'ai remarqué que ça n'allait pas, que ce passe-t-il ?
- On en parle plus tard s'il te plaît » répondit Bill en esquivant Andréas sur le côté avant de redescendre en rez-de-chaussée

Les garçons se rassirent tour à tour à table. Ce fut Léon qui mit de l'huile sur le feu :

« Au fait Bill tu t'es encore réveillé en criant ce matin, c'était ton mauvais rêve n'est-ce pas ? »

Bill abasourdi, laissa tomber ses couverts qui produirent un son assez désagréable lorsqu'ils percutèrent l'assiette. Il releva les yeux et dit avec acidité :

« Vous vous êtes donnés le mot ou quoi ? »

Les personnes assises à tables se regardèrent tour à tour, puis, Éléa posa délicatement ses couverts et se pencha vers Bill.

« Bill, parles moi plutôt de ton rêve »

L'intéressé soupira longuement, puis commença son récit après une longue pause. Les yeux plongés dans le vide, on devinait qu'ils suivaient le chemin de ce que pouvaient lui offrir les souvenirs de la nuit passée. Il avait l'air pourtant absent et racontait tout d'une voix pausée, plate, sans changer d'intonation. Lorsqu'il eut fini, il cligna les paupières comme s'il revenait d'un voyage lointain. Éléa parut un peu gênée puis commença :

« Et ça fait longtemps que tu fais ce rêve ?
- Et bien il m'est arrivé plusieurs fois de le faire auparavant mais pas comme là, pas trois nuits de suite
- On leur demandera tout à l'heure qu'est-ce que ça peut signifier, mais je pense que tu as compris qu'elle était la présence qui te suivait pendant ta course dans la forêt ? Interrogea Éléa
- Oui, ce pourquoi je suis ici, éluda le brun
- Exact, confirma la mère
- Ce serait donc l'origine de ma transformation ? »

Éléa ne répondit pas et baissa les yeux, Bill soupira encore plus fort puis déclara avec agacement

« Quand est-ce qu'on pourra enfin nous révéler nos origines ?!
- Tu sais très bien qu'on ne peut pas, se sont les règles, » contra Alex sèchement

Le repas se poursuivit dans le silence. Ce fut Tania qui fit irruption :

« Euh je crois que c'est l'heure 
- Effectivement, » fit Éléa après s'être retounée pour regarder la majestueuse horloge.

La famille se leva de table sans ajouter un mot et se dirigea calmement vers la cage d'escaliers qu'ils montèrent solennellement l'un derrière l'autre.

Le grenier ne ressemblait pas à un grenier quelconque. Bien qu'une multitudes de piles de cartons s'entassaient un peu partout : en son centre était dessiné un pentacle tracé au sol. Éléa sortit cinq bougies noires d'une petite étagère, qu'elle disposa sur les cinq branches du pentacle, avant de les allumer. Elle fit signe aux membres de la famille de la rejoindre à l'intérieur du pentacle. Seul Andréas resta à côté de la porte d'entrée, bien calé sur un pouf de velours rouge. Les autres s'assirent en cercle à autour du rond constituant le pentacle et se lièrent les mains. D'une pression de la main exercée par Éléa en signe de départ : Alex, elle-même, Tim, Bill, Tania et Léon se mirent à réciter une incantation latine. Chose faite, ils déposèrent en même temps leurs mains sur la ligne du cercle appartenant au pentacle. Un gigantesque rayon rouge surgit, couvrant toute la surface du disque, plongeant la pièce dans une couleur rougeâtre. Ce fut au bout de deux minutes qu'une fumée blanche s'ajouta au rayon rouge, on en devinait un visage, sans consistance. La fumée était creusée par endroits formant des yeux, une bouche et un nez. Éléa se mit à parler

« Bonsoir Bastah, nos intentions sont bonnes comme toujours »

Une voix inhumaine, sombre, affreusement grave résonna dans la pièce glaçant le sang des sept personnes présentes bien qu'ils y étaient habitués :

« Bonsoir, vos intentions sont toujours aussi bonnes et semblables.
- Ainsi en est le contrat, nous demandons soutient de la stabilité des transformés
- Tel en est . Me vouez vous le rituel jusqu'à ce qu'ils soient près ?
- Nous vous le vouons, firent les six en même temps
- Accordé. Y'aurait-il autre chose ?
- Bastah, accorderiez-vous un nouveau rituel pour deux personnes ici présentes ?
- La nature du rituel, exigea la voix
- Vaudou
- Quelles en sont les intentions ?
- Vengeance
- Juez-le
- Nous le jurons, firent-ils en choeur
- Accordé. Autre chose ?
- Un des garçons ici présent rêve depuis trois nuits de sa transformation, savez-vous quelque chose ?
- Je sais que vous devez rester ici dans cette ville le plus longtemps possible »

La fumée s'évapora comme elle était venue, le rayon rouge fit de même éteignant les bougies d'un seul souffle.




___________________________________________

TADAAAAAMMMM ! ça commence à être glock hein hein hein ? niahahaha *rire diabolique* et non ! vous n'aurez pas d'explications sur qu'est-ce que c'est que ce bordel de Bastah, de transformations, de rituels... Non, non rien ! Il vous faudra suivre l'histoire et vous comprendrez petit à petit ! En tout cas, c'était la fin du chapitre 2, le chapitre 3 je ferais pareil, je posterais petits bouts par petits bouts. Vous l'autez sûrement à la fin de la semaine prochaine, parce que après... Et bien c'est la rentré... Et je suis désolée de vous dire que je serais la semaine en internat (niahaha !! =D plus b'soin de débarasser la table -_-"), et donc je ne posterais que des chapitres chaque week end, là je pense que ce sera une petite partie le vendredi soir quand je reviendrais, une autre le samedi matin, le soir, dimanche etc... Et le dimanche soir vous aurez un chapitre entier ! Puis je continuerais à écrire la semaine, dans mes heures perdues dans mon lit après le couvre-feu, sous la couverture, une lampe de poche de la main gauche, ma feuille de papier sur mes genoux et le stylo à la main droite... Et là, le pion qui arrive "Fanny ! Tu dors pas ?! Quest-ce que tu foux ?" "Bein euh j'écris une yaoi, tu crois quoi ?" ok... C'est bon j'arrête de vous faire chier là...

Sinon vous avez pensé quoi de ce chapitre 2 pour le moin étraaannge *niahahahaaa*

Critiiiiques =)

[J'ai aussi changé la photo, parce que celle d'avant Bill faisait un peu trop chaud-genre-ya-un-lemon-dans-ce-chapitre-hum-tom-je-tatten-sur-mon-lit-draps-léopard alors que en fait pas du tout du tout :/ Ce sera pour plus taaaarrrrd niaaahahaaaa *oui promis y'aura des lémons mais pas encore*.... Et effectivement comme l'a dit un commentaire ele est horrible cette image, Bill fait vilain xD]

<3

J'avais aussi dessiné les personnages de la fiction, si ça vous interesse (je vais les refaire avant parce que c'est bien brouillon)

# Posté le lundi 21 juillet 2008 06:38

Modifié le lundi 25 août 2008 06:10

Chapitre 3 : Tentation

Chapitre 3 : Tentation
Les deux garçons étaient dans leurs lits, face à face, éclairés par une petite lumière faiblarde provenant d'une bougie. L'un scrutait l'autre en attendant que l'un d'entre eux face le premier pas. Ce fut le garçon blond qui brisa le silence :
« Bon allez, je te connais trop bien : y a autre chose que le rêve qui te tracasse.
- Non... non je te jure, y'a rien d'autre, mentit très mal Bill en tournant la tête
- Genre... Bon... Sinon pourquoi tu t'es pas servi de la poupée ? Je croyais que dans tous les lycées où t'allai,s tu te faisais persécuter par une racaille.
- Non... Mais euh là ça va, continua Bill le regard planté sur la bougie qui faiblissait
- Bon Bill, t'es chiant là ! Il s'est passé quelque chose de pas normal là, ça se voit
- Promets moi de ne rien dire à personne, fit Bill en fixant brusquement Andréas qui l'encouragea à continuer en lui adressant un signe encourageant.
- Il s'est passé quelque chose de trop bizarre au bahut, poursuivit le brun
- Dis moi tout
- Je me suis engueulé avec un mec habillé en racaille, les dreadlocks enfin tout ça quoi... Sauf qu'au moment où il a voulut me frapper, j'ai voulu contrer son poing sauf que ma main s'est mise à chauffer brusquement. On s'est brûlé les mains au moment où elles se sont entre choquées... C'était trop bizarre, et je te jure que j'ai pas utilisé mes pouvoirs, sinon je me serais jamais brûlé, raconta Bill d'une traite
- Ah oui j'avoue, c'est bizarre... Bein justement ! T'as qu'à te venger avec la poupée vaudou à la place de lui faire mal directement comme aujourd'hui !
- Mais j'ai pas fait exprès je te dis ! Et puis... C'est bizarre avec ce garçon, Bill retourna le regard sur sa bougie
- Je me disais aussi qu'il y avait quelque chose, t'es amoureux ? »

Bill vira au rouge, puis lança un regard haineux à Andréas :

« Mais n'importe quoi ! Toi tout de suite là... Non disons que... rah... je sais pas comment t'expliquer... par exemple, quand je l'ai vu pour la première fois, j'ai eus un gros blocage sur ces yeux, on est restés peut être une minute à se regarder sans sourciller.. On dirait de la fascination, je sais pas comment dire...
- Bein pourquoi tu te lances pas ? C'est pas interdis ! Puis c'est la première fois que tu me parles de quelqu'un comme ça. Je te jures avec Tania on commençait à se poser des questions, on croyait que t'allais finir seul toute ta vie, là on sait au moins que les hommes t'intéressent ! »

Bill vira à nouveau au rouge et planta ses yeux dans ceux d'Andréas, puis il dit en tapant du point :

« Putain mais Andréas, tu me les brises ! Je suis pas amoureux, j'en sais rien si je suis homosexuel ou autre, arrêtes de me saouler avec ça !
- Mais justement, c'est l'occasion de savoir !
- Roh tu m'énerves, allé bonne nuit » conclut Bill en s'enfonçant dans les couvertures après avoir soufflé sur la bougie.


SUITEUH 1

Métro, boulot, dodo. Enfin : lycée, devoirs, dodo. Oui, on va dire ça. La vie de la jeunesse d'aujourd'hui, après faut pas s'étonner de ceux qui pètent un câble, des éclats de rire qui font qu'égayer une journée, de ceux qui transgressent les règles, de ceux qui boivent, de ceux qui fument. Mais les gens ne comprennent rien, nous vivons tous dans des limites, dans des obligations, alors qu'il y a des choses tellement plus simples. Les punitions, les colles, et les exclusions sont de grosses erreurs instaurées par des gens qui ne savent que raisonner par ça. Ah ! On règle les problèmes par le chantage « Si tu te sers de ton portable dans le couloir, c'est deux heures de colles ». Quand on y réfléchis, tout n'est qu'un cercle vicieux. Il faudrait tout reprendre. On m'a dit « un homme qui aime la vie ne regarde jamais l'heure ». Je vois pas ce qu'il y a de plus vrai. Mais ici nous ne somme pas dans les mêmes cas de figure, alors que pour certains les cours font partie intégrante de leur vie, pour d'autres se ne sont que des petites choses futiles parmi tant d'autres. Je parlerais ici du cas des Limystayer, rien à voir avec vous. Contre leur grès, mais quand on va dans leur sens, c'Est-ce qu'il nous faudrait pour nous rendre compte de tout ce qui nous entoure. Le bonheur d'avoir une famille, et les membres qui l'intègrent, l'insouciance des cours, des autres. Les mots « métro, boulot, dodo » ne signifient rien pour eux, car leur notion de vie est de profiter des choses futiles qui pour eux nous ne signifient rien mais pour eux en signifient beaucoup. Mais doivent vivre dans une peur conséquente tout autre que toutes celles que nous connaissons. Alors l'important est de profiter de ce qui leur reste. De ce qui leur reste à vivre. Leur aspect noir semble nous en prouver le contraire, tout n'est qu'erreur. Ce n'est que conséquence de l'amitié, ou de l'amour que vous ne pouvez leur offrir. Ce que vous ne pouvez leur offrir, par simple crainte ou machisme de leur apparence. Encore une fois : tout n'est que cercle vicieux.

« Comme disait Andréas... Il faut en profiter, je n'ai jamais connus l'amour des autres, et ce n'est pas interdis... »

Telles furent les pensées de Bill Limystayer, alors qu'il arpentait les rues de Hambourg afin de ne pas arriver en retard. Tania était partie plus tôt ce matin car Luna avait tenu à lui présenter ces amies de maternelle. Bill, ne les avaient pas suivies par panne de réveil. Lorsqu'il arriva au lycée, quelques jeunes étaient en train de fumer leur cigarette devant l'entrée du lycée. Bill les ignora nonchalamment, c'était pas vraiment son jour. Les regards, à chaque fois, tu les sens. Malheureusement, la cour, elle, était déserte, montrant que l'heure était passée. Bill grogna à nouveau, puis se dirigea vers sa salle de cours toujours en grognant, après avoir regardé son emplois du temps.
Le jeune garçon, toqua à la porte, un petit oui étouffé par les murs de la salle de classe, se fit entendre, l'invitant à entrer. L'androgyne ouvrit la porte, balaya la salle de classe où chaque élève était déjà en place devant une interrogation surprise de Physique Chimie (à ben oui forcément) ; avec bien sûr Tom qui s'était empressé de reprendre sa prestigieuse place du fond avec ses « supers potes ». La salle, était assez grande, Bill se dirigea aussi vers le fond après avoir daigner d'adresser un « bonjour » au professeur.

« Veuillez m'excuser Mr. Limystayer mais je crois que vous avez oublié le motif de retard »

Bill qui venait de poser son sac sur sa chaise, soupira pour lui-même, puis dit d'un nouveau ton solennel contrastant avec son humeur :

« Oh je suis vraiment confus, je ne suis pas encore habitué à ce lycée. Me croiriez vous si je vous dis que je ne me suis pas, non plus, habitué à la ville et que je me suis perdus sur le chemin ?
- Tu parles, il s'est perdus dans une rue pour se la faire astiquer par un pd, chuchota sans discrétion un des garçons de la bande à Tom en donnant un coup de coude à celui-ci
- Non ce n'est pas la peine Mr. Limystayer pour cette fois-ci vous êtes excusé, tenez voici une petite interrogation surprise, je sais pas si le programme de votre ancien lycée concorde avec celui-ci, donc vous ferez ce que vous pouvez.
- Cela ne devrait pas me poser de problème » ponctua Bill en prenant la feuille

L'androgyne, lut le sujet et se mit à le remplir aussi vite que possible. Il détestait la physique chimie, c'était que de la méthode à appliquer et des notions inutiles à apprendre. Tom entendit le crayon de Bill gratter avec assiduité sur sa feuille, il se tourna vers lui, et le regarda avec insistance. Le brun sentit le regard de Tom, et se tourna vers lui. Il comprit les intentions de Tom, puis leva alors un sourcil pour lui faire comprendre que ça marchait pas comme ça avec lui.

« Fais pas ton égoïste ! Lui souffla-t-il, laisse moi voir ! 
- Tiens, tiens, je croyais que Tom était le best, et qu'il savait tout faire, mais que Bill était une tapette et une sous-merde. »


SUITEUH 2

Tom ne répondit pas, et Bill se tourna vers sa copie qu'il cacha avec son bras. Tom soupira, puis retourna vers sa feuille. Quand soudain un de ses voisins lui envoya un petit papier sur lequel était écrit d'une écriture à patte de mouches dont l'orthographe laissait à désirer :
« Chiche tu lui fé du pié, on véra si il réagirat »
Le dreadeux, fixa d'un air choqué l'auteur du message qui lui répondit comme si de rien était un « Bein quoi? » pour le moins énervant.
Tom soupira encore plus fort puis retourna vers sa copie. Après y avoir réfléchis un peu, il se dit que ça pourrait être marrant. Mais pourtant... C'était assez vache pour Bill avec qui il s'était bien entendu la veille et qu'il avait accompagné... Aller pour ou contre sa réputation ? Aller contre pour un garçon qu'il ne connaissait que depuis un jour, et encore le verbe connaître était mal choisi. Tom décala sa jambe de quelques centimètres vers la droite où était celle de Bill. Un geste de deux centimètres qui lui coûta une torture de neurones impossible. Oh ! Et puis, même si c'était pour rire Bill n'était pas hideux comme garçon. L'adolescent fit légèrement cogner son pied contre le mollet de Bill qui sur le coup tourna sa tête vers Tom. L'androgyne fixa son voisin et commença :

« Je t'ai dis que je ne... »

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase lorsqu'il fut déstabilisé par le regard de Tom qui était complètement plongé dans le sien. Alors que Tom soutenait le regard, il monta son pied lentement le long de la jambe de Bill. Leurs deux regards étaient plantés l'un dans l'autre, vous savez, ces regards là où vous fixez la pupille de l'autre comme si vous essayiez d'y dénicher quelque chose, ces regards là où la personne d'en face ne peut que regarder vos yeux. Les c½urs qui s'emballent à même temps, la bouche qui s'entrouvre, et le même souffle court. Les sentiments sont encore plus paradoxal que n'importe quelle formule de physique chimie. Mais lorsqu'une des deux personnes en est interdis à cause d'une vie qui a mal tourné, le paradoxe donne rarement de résultat. Je suis ta fascination, tu es mien, rien n'en changera une once, appartiens moi, je n'ai nullement besoin de te l'ordonner. Une piqûre au c½ur douloureuse, telle un souvenir brûlé par les flammes s'opposant au papier jeté les ravivant. Les poils qui s'hérissent, les palpitations s'accélèrent mais la raison n'est plus. Perdons pied. Ou pas :

« Arrêtes ça tout de suite »

La voix froide de Bill fit irruption dans la classe, de manière si autoritaire que Tom reposa le regard sur sa copie sans plus attendre. Bon sang mais qu'est-ce qui peut bien lui prendre à lui, de se soumettre à la parole de Bill, lui qui ne se laisse jamais marcher sur les pieds ! Pour quel imbécile avait-il dut passer ? En même temps il ne s'agissait que de sa propre honneur, car personne n'avait dut comprendre ce qu'il s'était passé. A moins d'interpréter les choses trop vite :

« Oui ? Vous avez un problème Mr. Limystayer ? le regard du prof se posa vers Tom, puis il ajouta : Ah dois-je en venir aux conclusions suivantes, qui d'ailleurs ne changent pas beaucoup de d'habitude, il soupira, quand est-ce que vous comprendrez Mr. Kaulitz, que ce n'est pas en copiant sur un camarade, que vous résoudrez votre insolente habitude à ne jamais toucher à un cahier lorsque vous êtes chez vous !
- Mais monsieur je vous jure j'ai pas copié ! Fit Tom hors de lui
- Oui... Bon on verra ça au moment de la correction. »

Puis le professeur replongea son nez dans un livre ultra paaassionnant écrit de cet espèce de langage chinois que seuls les profs de physique chimie comprennent (oui vous avez deviné j'adore la physique chimie --> va se faire vomir).

L'heure sonna pour faire être suivie de deux heures de sport. La foule d'élèves longeait les grilles du lycée afin de se rendre au gymnase. Les mains dans les poches, le regard perdu sur ses chaussures, accompagné de son pas traînant et du pantalon qui balaie le sol : Bill Limystayer était ironiquement ravi d'aller en cours de sport. Le brouhaha des élèves de part et d'autre, mêlé dans la foule mais pourtant appart, évaporé, absent. Bill Limystayer doutait encore une fois sur ses nouvelles réactions. Alors qu'il s'était sentit pour la première fois perdre pied en plein contrôle, son subconscient, son pacte, sa froideur, a reprit le dessus alors qu'il commençait à se noyer dans les yeux de son assassin. Bam, Bill Limystayer venait de taper dans une porte. Un espèce de « gros con » comme il les appelle, venait de lui refermer dessus la porte des vestiaires. En vérité il ne s'était pas aperçu qu'ils étaient déjà arrivés au gymnase. Derechef Bill poussa la porte et pénétra dans le vestiaire des garçons , où il fut accueilli par des rires bestiaux. Les ignorant, l'androgyne se calla dans le coin le plus appart de la salle. Il enleva son t-shirt laissant découvrir son torse prodigieux, et en sortit un autre venant de son sac, quitta son pantalon et enfila un jogging bleu (pas la peine de le décrire vous voyez lequel =P), puis lassa des converses... Bref rien d'exceptionnel, mon dieu que la vie d'un adolescent qui se change est palpitante ! Non, ce qui peut-être curieux c'est les paroles complètement insoutenables pour quelqu'un de normal. Sans vous faire un dessin, cela donne ça

« Va dans ton coin la tapette, faudrait pas qu'on te mette une bite au cul
- Dépêche toi de t'habiller avant qu'on te matte, le pd ! »

Et bien d'autres encore. A la place de réagir au quart de tour, Bill Limystayer préféra ne pas sourciller, ne rien prononcer et faire abstraction de tout.

Comme à son habitude


SUITEUH 3

Bien évidemment pour combler sa malchance, Bill fut placé dans le groupe de Tom et ses supers potes. Mais le pire de tout était que ce n'était pas un de ses sports bidons d'équipe, non, non ! Il s'agissait ici de figures acrobatiques à réaliser en groupe. En fait c'était comme si Bill avait été désigné pour cible de malchance, ce qui ne l'étonnait d'ailleurs pas.

« Bon la tapette, commença un boutonneux, toi tu...
- Putain ! J'ai un prénom ! Tu sais ça ? J'ai un prénom ! Je m'appelle Bill ! Biiiill tu comprends ? Et commence pas à me donner des ordres !! Fit Bill hors de lui
- Oh ! Tu me parles pas comme ça la tap... partit au quart de tour l'intéressé qui commença a attraper le col de Bill qui ne mit pas longtemps à lui attraper le poignet afin de l'arrêter
- C'est bon Michael, c'est bon, il s'appelle Bill, on va pas commencer à se battre ici, contra Tom séparant les deux garçons »

Le dit Michael baissa la tête et s'enleva. Et la suite du cours continua dans la tension et la froideur. Pour au final donner une magnifique (ou pas) pyramide avec trois boutonneux en porteurs, Bill et un autre boutonneux au dessus et enfin Tom, le plus léger (avec Bill), debout sur le dos des deux autres. En fait, Tom s'était désigné tout seul pour être au dessus ; voyez-vous,rien qu'à l'idée de s'imaginer dessous, et donc soumis avec Bill le dominant, lui donnait la chair de poule. Non pas par dégoût , mais par honneur.

« Argh ! Mais vous avez mangé quoi pour le petit déjeuner je tiens pas moi !
- Ta gueule Wolfgang (plus Allemand encore le nom xD) et tiens jusqu'à ce que le prof passe ! S'énerva Tom qui lui était bien en équilibre en haut.
- Ça fait cinq minutes que tu nous dis ça et il est toujours pas passé !! S'écria un autre garçon
- J'te dis qu'on va pas tenir nous dess..»

Pas besoin de vous faire un dessin, la pyramide se dissout aussi vite qu'un château de cartes qui se serait démoli d'un souffle. Étalé de tout son long sur les tapis du gymnase, Bill venait de se cogner la tête contre quelqu'un d'autre lors de sa chute. Il cligna des yeux, le temps de revoir la terre immobile, et s'appuya sur ses coudes afin de se lever. Mais un garçon qu'il ne mit pas beaucoup de temps à reconnaître était étalé sur lui, riant, l'air de rien.

« Grumbbl... Tom, à la place de te marrer comme un gros con, tu peux de pousser j'aimerais me lever »

Le jeune garçon leva les yeux sur l'androgyne et remarqua qu'en effet, il était complètement avachi sur lui. Seuls leurs regards leurs suffirent à leur démontrer l'ambiguïté de la situation. Pour la énième fois, plus aucune réaction ne se manifesta, et cette sensation de se noyer dans le regard de l'autre s'empara d'eux à nouveau.

Tom aurait put tendre le bras vers la tête de Bill et l'approcher de la sienne. Bill aurait put céder à la tentation et Tom oublier son hésitation. Par proximité, leurs yeux se seraient fermés en même temps comme si l'un et l'autre auraient été devant leur propre miroir. Leurs souffles se seraient mélangés, chacun humant l'haleine aphrodisiaque de l'autre. Chacun inspirant, bouche entrouverte, cette haleine, de façon à la garder tel un trésor convoité. Les lèvres auraient pu se toucher, les faisant perdre pied. Un toucher si sensuel, qu'une énergie les aurait emportée. Un baiser qui aurait laissé place à deux langues jumelles qui se seraient caressées au rythme de leurs envies.

Un baiser qui se déroula dans leurs consciences au même moment, au même instant. Un baiser que secrètement ils rêvaient, mais dont ils sentaient presque l'arôme. Un baiser aussi curieux que effrayant. Qui aurait pu se dérouler, mais à cette pensée plus que tentante, la même répulsion se produisit. Comme s'ils avaient reçu un choc électrique les deux garçons se séparèrent aussi vite pour l'éclair pour laisser une distance plus qu'évidente entre les deux.

La journée se poursuivit dans cette même tension, les regards qui se croisent à chaque occasion présentée. Le détournement vif de chacun, et l'auto morsure de la lèvre pour calmer les idées. Les amis de Tom continuèrent à embêter Bill, mais cette fois-ci le dreadeux ne se mêla plus de la partie, aucune défense, aucune provocation. Seuls ses yeux qui se perdaient dans le vague.
La fin de la journée sonna, la bande de Tom se précipita vers la sortie comme un troupeaux d'éléphant. Bill, fidèle à ses habitudes, rangea lentement ses affaires et sortit du lycée. Cette fois-ci, il n'eut pas envie d'attendre sa s½ur, avec qui il avait put tout de même partager le repas de midi. Repas qui s'était déroulé dans le silence le plus complet. Silence qui avait fini par peser sur Tania, qui était partie débarrasser son plateau et s'en aller, laissant Bill le regard perdu dans son assiette de petits pois.
Bill longea discrètement le mur de la sortie derrière lequel étaient disposés les casiers. Trop discrètement, car il put entendre des bribes de conversations qu'étaient en train d'échanger certains élèves.

« T'étais bizarre Tom aujourd'hui »

Bill se stoppa tout de suite au nom d'un des interlocuteurs. Dos au mur, les mains plaquée contre celui-ci il n'osa plus bouger pour écouter la conversation qui se passait derrière le mur.

« Bein non pourquoi ? Répondit mollement Tom
- J'sais pas mais quand on faisait chier la nouvelle tapette, tu disais plus rien, ce matin en sport tu l'as même défendu
- Oui mais non, mais en sport c'était pour garder le plaisir pour après, tenta Tom
- Alors pourquoi après tu participais pas quand on le provoquait ? Demanda-t-il sceptique
- Parce que... il faut... il faut garder ça pour demain !
- Pour demain ? Ajouta le jeune homme incrédule
- Ou-Oui ! Commença Tom qui commençait à reprendre de l'assurance, après de l'hésitation, j'ai eu une super idée pour demain. On va lui faire sa fête. Mais attends on va éviter d'en parler là, y'a trop de monde. »

Bill se laissa glisser le long du mur, la main collée sur sa bouche. Il n'y comprenait rien, rien du tout. C'était le brouillard dans sa tête, alors qu'il avait cru apercevoir quelque chose de bon en Tom, il était peut être arriver à faire ressortir une facette de lui. Mais comment aurait-il pu y être arriver ? Pourquoi s'attachait-il à ce Tom ! C'était pas la première fois qu'il entendait ce genre de conversations qui le concernaient ! En temps normal il aurait rit et se serait amuser à détourner les plans de ses « agresseurs ». En temps normal... Mais pourquoi là on ne peut pas parler de temps normal ? Le jeune garçon colla ses mains de part et d'autre de sa tête, comme si elle allait éclater. Tom était tout ce qu'il détestait, mais pourtant... Pourtant quoi ? Il ne savait rien, ni le pourquoi du comment, ce qui était en train de se tramer en lui... Pourquoi avait-il eu cette espèce de vision en cours de sport alors que Tom était étalé sur lui ? Pourquoi ce genre de choses ne lui étaient-elles encore jamais arrivées ? Et pourquoi cela devait-il arrive à quelqu'un qu'il détestait ? Pourquoi en ce moment même il aurait aimé que Tom vienne lui tenir les mains et lui dire que tout était faux, qu'il ne lui voulait pas de mal. Parce qu'il était différent...
L'androgyne se leva et descendit la rue du lycée où tous les jeunes étaient assis à fumer leurs cigarettes du soir. Il alluma son Ipod et y laissa Time Is Running Out de Muse. Il se laissa porter par la musique, laissait aller ses jambes, laissait passer le goudron de la route qui défilait sous ses pieds. L'air morose, il sortit de sa poche une Lucky Strike qu'il s'empressa d'allumer. Il tira dessus et sortit cette fumée qui contenait tous son mal-être. Cela faisait un moment qu'il n'avait pas fumé, il s'était dit d'arrêter. Il paraît que c'est dangereux, tant mieux si ça pouvait le tuer. Sa vie il voulait en finir. Il aurait aimé. Mais ne pouvait pas. On le lui avait toujours interdit, il ne pouvait pas mourir. Dieu sait le nombre de fois qu'il aurait aimé.
A la place de tourner vers la rue qui conduisait à sa demeure, il se laissa aller tout droit. Ce soir il rentrerait tard.
Ses pas le menèrent à un grand parc. La nuit commençait à tomber, peu de monde affluait la pelouse, mis à part un groupe de jeune, logé dans une espèce de petite grotte en retrait, en train de fumer leur pet. Une petite marre ombragée d'un saule pleureur, se nichait au centre du parc. Bill s'assit sur une racine qui ressortait. Il sortit une autre cigarette de sa poche qu'il fuma. Son regard se perdit sur la fumée, pour finir par se noyer dans son reflet que l'eau laissait échapper. Qui es-tu Bill Limystayer ? Un pauvre garçon qui ne connaît pas son passé, qui ne connaît pas ses vrais parents. Un garçon pas comme les autres, qui aimerait pourtant être le plus superficiel du monde.

Ma chevelure est noire, tout comme mes yeux perdus dans l'abîme qu'est mon reflet, tout comme mes vêtements qui reflètent la noirceur de mon âme.

« Bill je... »

Son reflet était là, derrière le mien. Il n'osa pas poser sa main sur mon épaule. Tom. Tu es là.

L'androgyne, prit de colère, sans prendre le temps de se demander ce qu'il faisait là, frappa Tom de toutes ses forces. Puis, il s'en alla sans se retourner.
C'était la première fois qu'il avait atterri dans ce parc, la nuit était tombé et le chemin allait être dur à retrouver. Bill savait que Tom était derrière à lui crier « qu'est-ce qu'il t'as pris ?» mais la musique qu'il avait remit était si forte qu'il ne chercha pas à l'entendre. Seul la brusquerie qu'esquissa Tom lorsqu'il attrapa l'épaule de Bill, le sortit de sa bulle forcée.

« Je venais m'expliquer !!
- T'expliquer de quoi ?! Cria Bill en enlevant une oreillette
- De ce que je suis là-bas !
- Il n'y a rien à expliquer ! Ne me parles plus jamais ! Tu es foncièrement mauvais Tom ! J'ai tout entendu lorsque tu parlais de me faire ma fête demain ! Tu m'avais l'air bien sincère !
- Ça fait deux jours qu'on se connaît !! Tu ne changeras pas ma réputation en deux jours !
- Ta réputation ? Mais Tom pourquoi viens-tu t'expliquer alors ?
- Parce que je ne suis pas comme ça !
- Qu'est-ce que ça peut te faire au fond que je te prenne pour un gros con ?!
- Et bien parce que... prit sur sa lancée de colère, Tom de tut instantanément à cour de paroles
- Oh mais Tom Kaulitz ! J'en ai vu des centaines comme vous ! Sauf que pas un n'a pas eu le culot de venir me parler bien gentiment le soir après les cours, surtout après avoir passé la journée à me faire chier !
- Et toi qu'est-ce que ça peut te faire si tu en as vu des centaine ?!
- Je n'en sais rien Tom ! Je n'en sais rien ! Et c'est ça qui m'énerve le plus !! Ponctua Bill d'un encore plus gros relent de colère, les larmes aux bord des yeux.

L'androgyne tourna les talons et accéléra le pas ne sachant exactement où aller. Il ne prit pas le temps de replacer son oreillette, la musique avait changé et laissait s'échapper les douces notes de Wake Me Up When September Ends. Au bout de deux minutes, une voix un peu plus calme qui venait d'à côté de lui, commença malicieuse :

« Tu vas où en fait ? Je crois que t'habite plutôt par là-bas, fit Tom en montrant le chemin inverse, lui indiquant à faire demi tour
- Il se trouve que je ne connais pas cette ville monsieur Kaulitz !! S'énerva à nouveau Bill
- J'en conclus que t'es perdus !
- Oui ! Oui ! Je suis perdu ! Voilà ! T'es content ! S'impatienta Bill, au bord de la crise de nerfs
- C'est bon t'énerves pas ! Je peux te laisser seul te perdre si tu veux !
- Oui bien va-y laisses moi seul ! Bon débarra !
- Sais-tu que les rues de Hambourg ne sont pas sûres la nuit ?
- Et alors !! Qu'est-ce que ça peut te faire que je me fasse agresser ? Fit Bill la voix mieleuse et fixant Tom dans les yeux, le sourcil levé.
- Bein je... »

Plus un mot, et Bill se renfrogna à nouveau et continua son chemin bien qu'il savait pertinemment qu'il n'allait nulle part. Tom lui attrapa le bras afin de lui faire faire demi-tour. Et ils marchèrent dans les rues, Tom devant, et Bill derrière. Ce dernier s'alluma une nouvelle cigarette. Tom sentant l'odeur se retourna vers Bill. Le dreadeux fouilla dans sa poche, sortit un paquet de cigarette mais s'aperçu qu'il était vide. Il regarda Bill d'un air de chien battu :

« S'il te plaît...
- Donnes moi une seule bonne raison de le faire !!
- Bein euh... Tu fumes des Lucky Strike et moi aussi ? Donc je pourrais te la rendre !» Tom accentua à nouveau son regard de chien battu

Bill soupira puis, lui donna une cigarette.

« Ah oui ! En échange, tu peux me donner le nom et le prénom de tous tes copains s'il te plaît ? demanda Bill malicieux en sortant son portable pour noter.
- Hein ? Pourquoi ? Fit Tom prit d'incompréhension
- Pour donner un nom à leurs têtes de cons ! Répondit Bill en ricanant
- Beuh oui si tu veux.. Alors ben y'a Michael Heschbach, Wolfgang Winter, Scott Hoffman, Peter Strenof. Les principaux enfin ceux qui sont en classe avec nous..
- Ok merci, et ta copine elle s'appelle comment déjà ?
- Ma copine ?
- Bein oui la blonde ! Celle qui avait parlé à ma s½ur avec ses deux amies
- Ah oui ! Mais on est plus ensemble ! Dit Tom comme si il venait d'avoir illumination
- Bon... Je devine que tu es aussi un coureur de jupon !
- Noon.. Enfin un peu si... ou beaucoup en fait »

Bill soupira puis referma le clapet de son portable qu'il fourra dans la poche. Le reste du chemin se passa toujours avec cette espèce de tension qui avait décidé de ne pas les quitter. Arrivés dans la rue où vivait Bill, ils se quittèrent d'un simple geste de la main :

« Merci !
- Prépares toi pour ta fête demain ! Ricana Tom avant de partir au pas de course
- Va te faire... » trop tard, Tom était trop loin.

Bill rentra chez lui et fut accueilli par une multitude de question. Éléa fit irruption dans le brouhaha et demanda d'un air posé, mais d'une voix assez forte de façon à couvrir les autres :

« Pourquoi ne rentres-tu que maintenant Bill ? le silence se fit
- J'ai passé une journée affreusement longue et épuisante, j'avais besoin de me détendre en marchant, j'ai atterri dans un parc où je me suis posé. Mais je me suis perdus sur le retour, heureusement un passant a daigné de m'indiquer le chemin. Désolé.
- Bien, le problème est réglé. On mange dans une heure.
- Merci Éléa
- De rien Bill, » fit-elle en lui adressant une caresse au visage avant de tourner les talons pour aller préparer le dîner.

Bill monta directement à sa chambre où il entreprit de refaire la décoration histoire de changer les idées. Après avoir inséré un album de Marilyn Manson dans sa chaîne, il entreprit d'accrocher des posters de part et d'autre de sa chambre, de remettre le baldaquin noir qui ornait son ancien lit, remit des rideaux rouges à sa fenêtre, posa des tapis ronds rouge et noir symbolisant des guitares, fit son lit qui était paré d'une couverture de velours rouge. Il posa ses portes encens et ses bougies aux tons rouges sur les rebords des meubles (je vous jure que si j'avais pas mis malencontreusement mon jeux des sims 2 à la poubelle je vous aurait montré sa chambre). Le tout donnait une allure ancienne à cause de bois naturel dans lequel se logeait la chambre, mais à la fois mystérieuse due aux couleurs rouges et noires qui paraient la pièce. Satisfait de lui, Bill descendit manger.


Le jeune androgyne se posa sur un des tapis ronds qui étaient disposés sur le plancher. Il prit soin de disposer et d'allumer plusieurs bougies aux teintes rouges ainsi que de l'encens. Puis, posa en son centre la poupée vaudou d'Andréas. Il attrapa son portable et un papier, il y écrivit un nom « Michael Heschbach » puis le posa sous la poupée vaudou. Il attrapa un épingle qu'il planta dans son genoux après avoir prononcé une phrase incompréhensible qui ressemblait à du latin. Puis il changea le papier et écrivit sur un autre « Wolfgang Winter » il fit le même rituel, puis « Scott Hoffman », puis « Peter Strenof ». L'épingle à nourrisse fut plantée pour l'un dans le ventre, le suivant à la gorge et le dernier à la tête. Demain, Michael Heschbach  serait absent pour un accident de moto qui lui aurait coûté une fracture au genoux, Wolfgang Winter pour une gastro-entérite, Scott Hoffman pour une angine et enfin Peter Strenof pour migraines.

Demain Tom sera peut être Tom.

_________________________________


SURPRIIIIISE ME REVOILAA !!!

J'ai passé tout mon aprés midi à écrire. u_U alala q'est-ce que je ferais pas pour vous ! hein ? hein ? bon j'espère que cette suite vous plaît ! je suis désolée mais je vous avais dis que le week end je pouvais pas poster j'ai pas trop le temps. Donc les vacances !!

Gros bisou à vous mes lectrices que j'aime *


J'espère que je suis pardonnée é.è



A vos commentaires :p

# Posté le dimanche 21 septembre 2008 06:51

Modifié le jeudi 30 octobre 2008 09:19

Chapitre 4 : Hésitation

Chapitre 4 : Hésitation
Cela vous arrive-t-il de vous réveiller un peu trop tôt le matin et de préférer rester allongé dans votre lit ? C'est dans ce genre de moments où vous vous remettez le plus en question, où vos pensées divaguent très loin. C'est aussi le genre de moments où chacun de vos membres sont inertes et que les mots « rien faire » prennent tout son sens, et pourtant vous profitez pleinement de ce genre de moments à explorer vos songes. Le moment où l'ennui apparaît est souvent très long à arriver, et vous finissez par vous lever en vous disant que vous allez être en retard. C'était à ce moment précis, dans ces circonstances précises, que Bill Lymistayer était à 5h30 du matin, ou 1 heure avant celle habituelle. Laissez moi vous donner un aperçu de ses pensées, pour le moins peu surprenantes :

« Pourquoi je fais ça ? Pourquoi prendre la peine de faire ces ridicules rituels vaudou sur eux dans le simple intérêt de... Mais au fond ? Quel intérêt ? Mieux le connaître sans avoir dans les pâtes ses sans-cervelles qu'il a pour amis ? Au fond, lui aussi il l'est, et j'ai jamais cherché à connaître un sans-cervelle. Voilà tout est bien qui finit bien il est sans cervelle alors c'est pas grave on s'en fou de lui en fait ! Ouai voilà c'est ça ! Aujourd'hui je vais faire comme si de rien était, et tout est bien qui finit bien. »

L'androgyne grimaça, le sentiment désagréable de rater quelque chose s'empara de lui.

« Non... Je peux pas... Mais pourquoi je peux pas ? Oh et puis rien ne m'interdis de connaître mieux un sans-cervelle Bill en tant que conscience, change de surnom Oui t'as raison, mais je sais pas comment l'appeler Bein tu l'appelles Tom Nan mais faut trouver un truc un peu péjoratif tu vois Moi je dis que Tom ça va Moi je dis ta gueule. Bon alors j'en étais où ? Ah oui, rien ne m'interdis de connaître plus précisément un garçon d'apparence sans cervelle Putin ça craint ! Mais t'as vu j'avais besoin d'un surnom ! Ouai bon allé je la mets en sourdine, je n'aurais qu'à le supporter...  Donc : rien ne m'empêche de connaître un peu plus un garçon d'apparence sans-cervelle -.- mais qui me laisse penser qu'il a un bon fond. Voilà ce n'est que ça en fait je suis curieux. Oui simplement curieux. Rien de plus. »

Nouvelle grimace, cette fois-ci il sentait qu'il se cachait quelque chose à lui-même, mais qui ne tramait rien de bon .

« C'est dans ce genre de réaction qu'on sait que quelqu'un est intéressé par quelqu'un d'autre pour un sentiment que l'on appelle Amour. En fait j'en sais rien du tout, c'est dans les films que ça se passe comme ça. J'en sais rien du tout. J'ai toujours vécu enfermé dans mon intérieur, j'ai jamais cherché à m'ouvrir à un autre lien que celui qui est tissé au sein de ma famille. »

Le jeune garçon ferma doucement les paupières qui étaient encore ouvertes, scrutant la lune.

« Et quelle serait sa réaction si j'opérais la première option, l'ignorer »

Un petit sourire satisfait se dessina sur ses lèvres. Et il ne tarda à se retrouver à demi-sommeil.

Ellipse de deux heures.

« Michael Heschbach, Scott Hoffman, Peter Strenof et Wolfgang Winter ne sont pas là ? Commença le professeur de biologie après avoir comptabilisé les élèves assis (contre leur volonté) dans la salle de classe.
- Non monsieur, il sont tous absent.
- Comme par hasard se sont des garçons que vous fréquentez beaucoup monsieur Kaulitz.
- Ah, bein oui justement ça me fait bien chier
- Moui, bon vous devez donc savoir ce qui leur est arrivé ?
- Yep, fracture au genou à cause d'un accident de moto pour Michael, Scott a une gastro, Peter une migraine et Wolf' une angine.. Euh... Ou le contraire ? Je sais plus
Oui je comprends c'est trop pour vous »

Tom partit dans un rire jaune. Aujourd'hui il n'allait pas vraiment avoir de quoi provoquer les profs tout seul.

«  Bill Limystayer n'est pas là non plus ?
- Si je suis là ! »

Un grand chevelu fit irruption dans la classe à bout de souffle.

« Je crois que c'est la deuxième fois d'après mon collègue ?
- Oui je sais, j'ai un mot si vous voulez »

Bill sortit de son sac, son carnet de liaison, le prof y jeta un bref regard, il préféra dévisager l'androgyne.

« Vous ferez-vous un jour à cette ville ? Si ce n'est pas votre sens de l'orientation qui ne joue pas en votre faveur, se sont les bus qui vous font des mauvais tour, c'est ça ?
Apparemment !
- Ou peut-être est-ce le temps que vous perdez à vous coiffer le matin ? Je me demande le nombre de tubes de laques que vous utilisez, ce n'est pas ainsi que vous contribuez à la survie de notre planète.
- Laissez moi deviner, vous, vous êtes prof de biologie ! Je dois dire que c'était dur assez dur à élucider ! » fit-il d'un ton ironique.

Bill alla s'assoir sans laisser au prof le temps de répondre. Il n'avait aucune envie de faire le gentil garçon modèle aujourd'hui, chose qu'il aurait dût faire plus tôt. Bill ne s'était pas coiffé de façon plus extravagante que d'habitude, mais il fallait avouer que sont maquillage était beaucoup plus affiné, ce qui lui rendait un air moins noir, un peu plus angélique. Par contre, il affichait une magnifique cravate rouge sur une chemise moulante noire qui laissait deviner les lignes de son torse.
Le jeune garçon s'assit à une place qui aurait été occupée auparavant par un des amis de Tom, aujourd'hui absents.

« Salut ! » Chuchota Tom à l'adresse de Bill qui ne daigna pas de répondre tant il était occupé à sortir ses affaires.

« J'ai dis Salut ! » insista Tom

Bill fini par tourner de l'½il et fit un peu bonjour dénué d'intérêt à l'égard de Tom.

« Bon, aujourd'hui vous observerez au microscope des cellules végétales, révision du programme de seconde. Je vous laisse le protocole au tableau, au cas où. »

Bill et Tom étant les deux seuls occupants du rang du fond, furent désignés ensembles pour l'expérience. Alors que Bill commençait à faire sa mise au point, Tom excédé du peu d'importance que lui attachait son voisin, prit la pipette et arrosa les doigts de Bill qui étaient occupés à tourner la visse de mise au point. Un cris étouffé de surprise ne tarda pas à se faire entendre, suivit d'un juron qui ne manqua pas d'attirer l'attention du professeur. Ce dernier s'avança entre les paillasses.

« C'est vous Mr. Limystayer qui vous amusez à crier comme ça ?
- Non !! C'est Tom qui m'a arrosé ce gamin ! 
- Oui monsieur c'est moi »

Bill regarda Tom avec des yeux globuleux, ce dernier garda les yeux baisser sur le microscope.

Le prof fit demi tour en jurant contre ces élèves qui le décevaient toujours autant lors de cette dernière année d'enseignement avant sa retraite.

Le reste de la manipulation se déroula dans le calme. Au moment de dessiner le résultat de l'expérience, Bill constata avec énervement que Tom avait changé la mise au point et que tout était flou. Bill, sans piper mot refit sa mise au point :

- Non !! Ne touches pas ! Intervint Tom en couinant
- Mais t'es trop con ça allait tout à l'heure ! Rappliqua Bill au bord de la colère
- Non, non laisse comme ça ! Continua Tom d'un ton propice à l'énervement
- Mais j'y vois rien ! Fit Bill tentant de se contrôler
- Laisse comme ça je te dis !
- Putin mais t'as quoi dans la tête je peux pas faire mon dessin ! » Commença Bill cette fois-ci énervé

Le prof ne tarda pas à rappliquer une nouvelle fois :

« Qui c'est qui glousse comme ça ? C'est vous Mr. Lymistayer ?!
- Euh, vous appelez quoi par glousser ? »

Le prof partit dans une démonstration de gloussement assez peu convaincante qui ressemblait plus aux cris que pouvait pousser deux poules en train de se battre, qu'à autre chose.

« Donc non ce n'est pas moi qui glousse comme ça, fit Bill d'une voix aguicheuse
- Ne vous fichez pas de moi je vous ai entendu, poursuivit le prof impatient
- Non j'étais en train de m'engueuler avec Tom qui ne sait pas faire une mise au point, fit Bill d'une voix un peu plus dure
- Bill vous allez en étude vous êtes exclu »

L'androgyne sans voix regarda le prof incrédule.

« Bill vous sortez, répéta-t-il
- Euh non ,fit Bill tranquille comme si de rien était
- C'est pas vous qui faites la loi ici
- J'ai rien fait là
- Justement vous ne faites rien
- J'étais en train de faire mon dessin ! Continua Bill en commençant à sérieusement s'énerver
- C'est pas la première fois que je vous reprends
- Non mais y'a rien à faire monsieur j'ai aucune raison de sortir
- C'est pas vous qui décidez, vous sortez un point c'est tout, vous faites la loi chez vous mais pas ici
- JE NE FAIS NI MA LOI CHEZ MOI NI ICI, la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase »

Bill contraint de ranger ses affaires sortit, puis dévala les couloirs énervé, il ne sentait même pas ses pas sous lui tellement elles tremblaient de colère. Seule suffit une halte de deux minutes à la vie scolaire, pour expliquer son exclusion au CPE, qui ne chercha pas plus loin car le regard enflammé de Bill l'en dissuada. Le garçon partit en étude puis s'assit à la table la plus loin du bureau du surveillant. Sortit quelques feuilles, un stylo ancre noir, et un autre rouge. Puis il commença à tracer de longues arabesques folles qui s'entremêlaient. Ses arabesques avaient l'air inoffensives par leurs courbes rondes, mais la fourche qui ponctuait chacune d'entre elles leurs rendaient un air noir. Les gouttelettes d'ancre rouges semblables à du sang ajoutaient une touche de psychose, de folie, de machiavélisme au dessin. Il attrapa un deuxième stylo d'ancre noir mais à mine beaucoup plus fine. Il écrivit le long de arabesque un tas de phrases :
Vous êtes une âme à prendre Mr. Lymistayer... Une âme à prendre, à attraper à congeler, à enfermer. Mettez-y des piques et des épingles ! Laissez le mijoter au fond d'une cage et ajoutez un pincée de masochisme, l'âme à Bill aime ça ! Aimer souffrir, souffrir pour être aimé.
Les courbes de sa plumes s'arrêtèrent au moment où une ombre fit apparition sur la feuille. Bill se retourna et vit une petite rouquine aux airs lutins s'assoir à la table derrière lui. Le garçon croisa le regard marron-bleu de la jeune fille. Il l'avait déjà vu quelque part... Bill revint sur son dessin et en profita pour se creuser les méninges. Où avait-il bien pu avoir déjà croisé cette fille. Le garçon chercha plus durement au fond de lui-même et mit enfin le doigt sur la fille. Elle avait été avec les deux pimbêches qui avaient essayé de faire connaissance avec Tania la premier jour. Et c'était d'ailleurs la seule fille qui ne lui avait pas parut antipathique. Il murmura pour lui son prénom « Sonia ». Comme si les sens de la jeune fille étaient bien trop affinés, elle se pencha sur le dessin de Bill.

« Et bein c'est pas très gai tout ça ! » Fit -elle d'une voix douce.

L'androgyne sursauta malgré lui mais ne pipa mot

« Laisses moi deviner, tu es intéressé par quelqu'un mais la noirceur de ton âme de dissuade de te jeter à l'eau. Mais en fait tu es perdu, c'est pour ça que tu parles de noirceur, de masochisme, tu ne sais plus où tu en es.  Avec lui, comme avec toi. Car il y a des choses que tu ne pensais jamais connaître, comme certains sentiments, dit Sonia d'une seule traite.
- Et toi depuis quand tu racontes ce que tu imagines ? Et l'imaginaire n'appartient pas à la réalité. Fit Bill brutal
- Ne joues pas à ça avec moi, lorsque je dis quelque chose c'est que je le sais. Et tu sais aussi bien que moi que j'ai raison. »

Bill ne sut plus rien dire, il se laissa simplement emporter par de nouvelles arabesques.

« Puisque tu en sais autant, je n'ai qu'à en profiter pour te poser certaines questions, commença-t-il au bout de quelques minutes de silence
- Je t'en prie !
- Pour qui penses-tu que j'ai le « béguin » ? (il ajouta un petit rire à cette expression, cette fille l'avait quelque peu détendu) C'est comme ça qu'on dit hein ?
- Sûrement ! Et bien, je ne sais pas tout sur tout, je ne suis pas voyante, ou je ne lis pas dans les pensées, j'ai juste déduis ça en lisant ce que tu as écris sur ton dessin ! Je suis simplement forte en déduction. Mais je sais quand même énormément de choses. Si tu me laissais t'observer je ne tarderais pas à deviner celle ou celui pour qui tu as le « béguin ».
- Tu parles tout le temps comme ça ? Enfin sans t'arrêter je veux dire ? Fit Bill abasourdi, qui n'avait pas pipé mot pendant son discours
- Désolé, dis le moi si ça t'énerve, elle ne tarda pas cependant à poursuivre, mais ce dont je suis fière c'est que tu me fais confiance
- Hein ? Répliqua Bill en fronçant les sourcils d'incompréhension
- Si tu ne faisais pas confiance à mes propos tu n'aurais pas admis que tu avais le « béguin » pour quelqu'un. »

Bill énervé, revint à son dessin et n'ajouta rien pendant le temps d'heure d'exclusion qui lui restait. D'ailleurs Sonia non plus. Sonia était très surprenante.

Bill repartit en cours et continua à ignorer Tom comme il avait souhaité le faire dés le début. Le Dreadeux qui ne supportait pas ce manque d'attention finit par céder et rester silencieux. La sonnerie retentit et Bill se précipita pour se rendre au self afin d'y rejoindre sa s½ur. Cette dernière était déjà assise à une table seule en train de déguster avec grande attention des raviolis au fromage (woah -.-). L'androgyne prit son plateau et se dirigea vers la table de sa soeur. Naturellement, tout le monde le dévisagea sur son passage. Il le savait, il était beau. Il en profita pour faire de même et balayer la salle du regard pour y croisr le regard de Tom qui mangeait avec des garçons d'autre classe avec qui il n'avait pas l'air de détenir une grande complicité.

« Sûrement des connaissances pour pas se retrouver seul dans ses moments d'urgences » pensa Bill

Le brun remarqua avec malice que le blond le dévisageait sans s'en apercevoir, vu le regard éteint qu'il affichait alors qu'il épluchait avec lenteur une orange. Bill en profita pour rouler des fesses en passant devant lui, puis secoua légèrement ses cheveux d'un air désinvolte. Au moment où il passa devant Tom, ce dernier fit tomber l'orange qu'il était en train d'épeuler. Bill tendit le pied vers l'orange et la fit rouler le long de sa jambe pour la rattraper avec sa main et la tendre à Tom [peu orignial je sais, pour les connaisseuses XP]. Le dreadeux encore dans la lune ne réagit pas, et se contentait de fixer l'orange que tenait Bill avec deux yeux globuleux. L'androgyne soupira puis écrasa l'orange sur le nez de Tom [C'est que ça change xD].
Ce fut comme si le temps c'était arrêté, la moitié du self qui avait maté Bill s'arrêta d'un coup de respirer, attendant la réaction de Tom. Bill ne se laissa pas abuser par le choc qui avait paralysé la moitié de la salle, il continua son chemin d'une démarche nonchalante et s'assit juste en face de sa s½ur qui avait gardé la bouche entre-ouverte et la fourchette qui était censée y atterrir en suspend. Bill se contenta de lui lancer un engageant :

« Et bein, ça va pas ? »

Tania lâcha sa fourchette et commença froidement :

« J'ai entendu dire que tu t'étais fait virer de ton cours de bio. J'ai entendu dire que tu t'étais bien énervé sur le prof. Je viens de te voir faire le mec qui se la pète en plein milieu du self. Je viens de te voir écraser une orange sur le mec qui a l'air d'être le plus populaire de ce lycée. Bill qu'est-ce qui te passe par la tête ? »

L'androgyne ne s'était pas rendu conte qui si l'on faisait le tout de ce qui venait de se passer en une matinée, ça commençait à faire beaucoup. Ne sachant que répondre il prit son plateau et se leva de table. Tania ne tarda pas à rappliquer :

« Bill que se passe-t-il ?
- J'ai besoin d'être seul, promis on en parle ce soir, tu m'attendra à 18h à la sortie »

La jeune fille qui s'était levée pour retenir Bill se rassit et se replongea dans ses raviolis.

C'est justement ça le problème... Qu'est-ce qui me passe par la tête...

Assis sur le rebord du muret qui surplombait la rue pentue menant au lycée, Bill observait sa cigarette se consumer. Il amena le filtre vers ses lèvres pour en aspirer ce gaz toxique. La fumée entrait dans ses poumons lui produisant une sensation de bien-être, puis ressortait dans un nuage blanc qui s'élevait dans le ciel. Vision qui fut interrompue par un visage qui coupa ce long et silencieux manège. Cette figure familière ne présageait rien de bon vu l'expression de rage qui était peinte dessus. Un son qui s'accordait assez bien à l'expression fut émit de la part de la bouche du protagoniste. C'est ainsi qu'était affublée la vision de Bill, il ne voyait que les conséquences des choses. Une bouche s'anime, sort un son et dit

« Amènes-toi et ne discutes pas »

L'androgyne obéit. Il en avait déjà assez fait pour aujourd'hui, il n'allait pas discuter. Il suivit le garçon qui l'amena dans un coin obscur de la rue, là où les caméras de surveillance n'étaient pas. Le brun, se laissa glisser contre le mur pour finir assis, dos à celui-ci. Une espèce de paralysie mentale l'habitait. Il ne savait plus ce qu'il faisait. Ses yeux se levèrent vers Tom encore debout qui ne savait pas ce qu'était en train de fabriquer Bill. Ce dernier encra son regard dans celui de Tom.

POV Tom

Une espèce de folie l'habitait. Je ne savais pas pourquoi je l'avais amené ici. Était-ce pour me venger ? Lui taper dessus, comme on tape sur un enfant sans défence. Car c'était ainsi qu'il se trouvait en ce moment, il s'était offert à moi. N'attendant qu'une chose que je le frappe, que mon poing aille s'écraser contre sa figure. Qu'il revienne en cours le visage défait par mes coups. Qu'on dise « il ne faut jamais provoquer Tom Kaulitz ». Mais je n'en avais pas la force. Je me contentais de céder à son regard et j'y décelait une folie. Son regard était allumé d'une étincelle terrifiée, comme s'il s'apprêtait à subir toutes les coups qui me seraient d'habitude passées par la tête. A la place de cela je me mettais à genoux devant lui. Ce garçon m'avait ridiculisé en deux secondes. Je pouvais régler son conte en deux mêmes secondes. Mais non. Quelque chose m'en empêchait, j'avais peur de lui. Je savais qu'il était habitait par une force énorme. Mais que si il ne me rendrait pas les coups que j'allais lui donner c'était simplement parce qu'il se l'interdisait, il ne voulait pas devenir ce que j'étais. Il me détestait comme j'étais censé le détester.
Je plaquait brutalement mes deux mains contre le mur, de part et d'autre de son visage d'ange.

Fin POV Tom

POV Bill

La paralysie mentale ne me quittait pas. J'avais la force de me battre et je ne l'avais pas. Son regard que j'avais provoqué réduisait ma volonté à néant. Je me sentais sans énergie pour la première fois de ma vie. Il se pencha sur moi, garda nos regards ancrés l'un dans l'autre. Mon c½ur ne battait plus la rythmique monotone d'autrefois, on aurait plutôt dit les coups désordonnés qu'exerce un enfant de cinq ans sur une batterie. Sa tête se pencha dans mon coup. Je sentais son souffle chaud caresser chaque parcelle de ma peau. Il releva le menton vers mon oreille. Je sentis sa mâchoire s'ouvrir pour se refermer sur le lobe de mon oreille. Sa main droite descendit le long de mon coup pour se plaquer contre l'emplacement précis de mon c½ur. Ses dents se plantèrent avec fureur dans mon lobe. Fureur mélangée à une sensualité assez propice à la situation. Son souffle chaud s'incrustait dans le creux de mon oreille. Je fermais les yeux pour mieux imaginer son visage. Je ne sentais aucune douleur, la principale sensation ressentie à ce moment là était celle que me procurait la pomme de sa main qui s'activait à caresser la peau recouvrant mon c½ur. Lorsque je sentis du sang couler le long de mon oreille, ses doigts se crispèrent contre mon épiderme. J'entrouvris légèrement la bouche et poussai un lèger soupir de plaisir, sans m'en rendre conte.

Fin POV Bill

Au léger soupir poussé par l'androgyne, Tom arrêta sa morsure. Il se retira de l'emprise qu'il avait exercé sur lui, mais resta en face de lui, le regard toujours en liaison avec celui de Bill. Un lien les unissait à ce moment précis, chacun éprouvait la même sensation au même moment. Chacun avait l'impression.

d'avoir retrouvé quelque chose de regrettablement nouveau

« Tom ! Qu'est-ce que tu foux ? »

Les deux garçons firent volte face et y trouvèrent un des amis boutonneux de Tom à l'encolure de la ruelle. Tom ne mit pas de temps à se ressaisir :
« Je lui réglais son compte
_ Tu veux de l'aide ? fit le deuxième avec un petit sourire
_ Sûrement pas, je m'en charge seul »
Le garçon s'en alla la tête baissé, apparemment déçu. Quand à Tom, il fit face à Bill. Les deux garçons ne savaient plus quoi penser à cet instant précis. Soudain la raison de Tom repris le dessus.

« Il faut que je le fasse » se dit-il.

Le blond ferma les yeux puis respira un bon coup. Bill complètement abasourdis, ne comprenait rien et ne bougea pas d'un pouce. Qu'allait faire Tom ?
Un poing atterrit brutalement dans la joue de Bill qui en eut le souffle coupé. Tom se releva, puis lança un « désolé » chuchoté avant de s'en aller sans lui accorder un dernier regard.
En deux minutes à peine, Bill avait tout vu.
La fascination, la tentation, le risque, le plaisir, l'oubli, le laisser-aller, la sensualité, la révélation, la déception, la haine, le mal-être. Il était passé d'un rêve étrange à un cauchemar. L'androgyne sentit la douleur qui lui parcourait la joue entière pour aller jusqu'à sa lèvre. Sa lèvre aussi lui piquait. Bill porta sa main à sa bouche puis vit ses doigts imprégnés de sang. Ses lèvres se pincèrent de mécontentement. Le garçon se retourna contre le mur qu'il frappa avec son poing pour y dégager sa haine. Il a toujours été fort, a toujours su éviter les coups mais aujourd'hui il avait été inattentif, c'était douté au début, mais à la fin avait l'esprit complètement embrouillé par le souffle précédent de Tom.
C'est ainsi qu'il comprit

POV Bill

Il m'a manipulé. Il n'est pas bête, il s'est souvenu de la façon dont j'ai contré son poing la dernière fois, et il a été assez malin pour contrer tous mes réflexes par une simple morsure. Il va payer, il va payer très fort.

Fin PoV Bill

SUITE

L'androgyne sortit de la ruelle. A le voir, on avait aucun mal à deviner le salle quart d'heure qu'il venait de passer : la joue droite rougie, la lèvre inférieure en sang. Petites égratignures qui finiraient par s'évanouir d'ici quelques heures, mais qui ne manqueraient pas à le ridiculiser et à faire circuler des rumeurs comme quoi il se serait fait « refaire le portrait » par le grand Tom Kaulitz.
Mais Bill ne se laissa pas abuser par ses petites blessures et les regards moqueurs. Il laissa son charisme prendre le dessus à chaque pas qu'il faisait, son attention se portait à ce moment simplement à son allure. Il voulait montrer à ces regards que Tom était allé trop loin, que l'on ne touchait pas à Bill Limystayer. Ses yeux se plissèrent et la noirceur de son maquillage lui donna encore plus cette fois-ci que d'habitude, un air noir, son côté angélique s'en alla. On aurait cru voir des étincelles sortir de ces pupilles. Le visage levé, Bill adoptait un air de défit. « Qui a le cran de provoquer Bill Limystayer ? ». Finalement les regards changèrent. De la moquerie ils passèrent à la crainte, et trouvèrent comme cible les chaussures de leurs auteurs. Lorsque l'androgyne remarqua ça, il afficha un petit sourire, malheureusement gâché par sa blessure.
La tension qu'il dégageait était presque palpable. Son visage marqué par quelques blessures récentes, aurait porté à rire en temps normal. Mais cette fois-ci n'importe qui autour de lui, auraient préféré rendre une visite au proviseur, plutôt qu'être la cause de la colère du garçon. Tous le laissaient passer en tournant les yeux et en baissant la voix.
Bill entra dans le lycée sans se soucier du moindre regard. Franchement la seule chose qui lui importait s'appelait Tom, toutes ses pensées étaient dirigées vers lui. A chaque nouveau pas, un plan plus diabolique encore s'échafaudait dans ses pensées. Vengeance, ce mot revenait à chaque fois. Si fort qu'on voyait presque une flamme rougeoyante danser dans ses yeux. Le garçon poussa la porte du hall qui donnait accès aux casiers. Il balaya la longue étendue de casiers multicolores, noyée de monde certes, mais sans le but de sa quête. Bill grogna d'impatience. Il traversa l'allée, puis gravit l'escalier de vingt marches, qui s'ouvrait sur la cour. Cette fois-ci, il n'eut pas besoin de grogner. Le garçon traversa la cour sans trainer et se dirigea vers le mur qui longeait le self, sur lequel était apuyé Tom Kaulitz et un de ses acolytes. Les quelques bribes de conversation qui arrivèrent jusqu'aux oreilles de Bill, suffirent à faire accélérer ses pas.
"Et après je lui ai mis une de ses droites ! Putin t'aurais vu ça !" disait-il avec fierté.
L'interlocuteur du dreadeux se figea lorsqu'il aperçut Bill. Avant que Tom n'eut le temps de se retourner, Bill l'avait déjà pris par le t-shirt et l'avait collé contre le mur. La scène lui rappellait de façon comique, celle de toute à l'heure. Bill leva un sourcil perversement et dit de sa voix veloutine :
"Tiens donc, monsieur Tom Kaulitz. Et maintenant ? Pourriez-vous répéter ce que vous étiez en train de dire à votre cher ami ?"
Tom, affolé jetait des regards un peu partout afin d'obtenir de l'aide. Mais apparemment personne n'avait l'air de bouger un petit doigt. Le garçon essayait de rester sûr de lui, mais cela ne marchait pas vraiment. Bill émit un petit rire coquet, puis commença à l'légèrement lever son genoux droit entre ceux de Tom. Ce dernier ce plaqua un peu plus contre le mur, histoire de tenter d'y échapper.
"Attention, si tu ne me dis pas ce que je veux, je peux le prendre par moi même..." Susurra l'androgyne le sourire en coin.
Tom planta ses yeux dans le regard de Bill, le suppliant du regard d'arrêter. Mais Bill n'écouta pas ces yeux, il continua de monter son genoux le long des jambes du dreadeux. Puis, contre toute attente, il approcha sa bouche des oreilles de Tom puis lui glissa doucement mais perversement :
"Entends-tu encore l'onde sensuelle ?"
Ses paroles agitèrent Tom qui cherchait à se débattre mais n'y arrivait pas. Malgré ce corps frêle dont il faisait effigie, se cachait derrière énormément de force. Ce dernier le prit par les épaules et le plaqua plus fort contre le mur jusqu'à ce qu'il se calme. Ce qu'il ne tarda pas à faire, car le genoux le Bill se coinça finalement bien entre ses jambes. Leurs regards se croisèrent une dernière fois, le temps d'une demi-seconde. Puis Bill le lâcha et s'en alla tranquillement, le sourire aux lèvres. Les regards dans la cour ne savaient où se poser. Tom, Bill, Bill, Tom, Bill, Tom. Celui-ci était encore contre le mur à regarder l'androgyne s'en aller, dos à lui. Malgré les paroles très haineuses qu'il divulguait à voix basse, son regard le lui était bien plus.
En l'espace de quelques secondes, Bill avait offert à Tom sa haine, et Tom lui avait donné en échange sa satisfaction.
La première partie du plan de Bill s'était déroulée à la perfection, il lui faudrait maintenant un peu d'aide. Mais comment ? Le garçon jeta un petit regard furtif autour de lui, comme si la réponse allait lui tomber du ciel. Et pourtant, sans le savoir, il la trouva. Dans la pelouse de la cour, assise sous un arbre, Tania et Sonia l'observaient en silence. Bill tourna vite le regard en grinçant des dents. Comme il avait été bête d'agir ici devant tout le monde ! Sonia, très perspicace aurait vite tout compris, quand à sa s½ur elle ne tarderait pas à lui faire la morale. Comme pour confirmer ses inquiétudes, la petite rouquine se dirigea vers lui à pas légers. Bill fit mine de ne pas l'avoir remarquée. Jeu qu'il ne put continuer longtemps, car la jeune fille lui frôla le dos de la main, pour le faire arrêter. Bien qu'il n'en eut aucune envie et que le geste de Sonia fut doux, il se sentit obligé de le faire. La rousse lui affichait un magnifique sourire, ses prunelles dorées reflétaient le soleil et ses petites taches de rousseur lui donnait un splendide air coloré. Les reflets de ses bouclettes ne pouvaient que lui donner un air chaleureux. L'envie de partir de Bill, se transforma vite en regret de laisser cette petite fille à la beauté innocente seule. Elle ouvrit les lèvres et le carillon de sa voix ne tarda pas à se faire entendre :
"Dis, ma s½ur organise une fête samedi soir, ça te dirait de venir faire un tour avec Tania ? Puis ça vous permettrait peut-être de mieux vous intégrer dans le lycée !"
Bill ne s'attendait pas du tout à ce genre de question, il en afficha une mine déconcertée. Ne voulant pas jouer le garçon tout content d'être invité à une fête, pour la première fois de sa vie, il garda sa apparence fermée habituelle, et dit d'une voix égale :
"Et pourquoi viendrait-on ? On ne connaît pas ta s½ur.
- Toi non, mais ton frère Andréas si ! Il est à la fac avec elle, et il est invité. Puis ma s½ur m'a proposé d'inviter qui je voulais."
Il avait envie de venir, mais ne voulait pas. Il aurait aimé l'envoyer balader, mais il était totalement à cour d'argument, il ne put que répondre par :
"Je sais pas, on va voir"
Puis il tourna les talons.

Ellipse de plusieurs heures

A la table des Limystayer, une ambiance agitée mais pour le moins chaleureuse régnait. Chacun parlait de son côté, la discutions n'était pas uniforme. Des paroles fusaient d'un peu partout de la table.
"Mais tu la connais bien cette fille ? fit Bill sceptique
- Bah, depuis que je suis arrivé elle vient tout le temps me voir, elle est toujours en train de me parler de choses et d'autres. Elle est vraiment sympathique ! répondit Andreas de bonne humeur, je suppose que sa s½ur est un peu pareil, non ?"
Le doux visage lumineux de Sonia s'afficha dans les pensées de Bill, qui ne put s'empêcher de sourire bêtement devant ses épinards.
"- Oui, elle est adorable" dit-il évaporé.
Andreas rit puis se racla bruyamment la gorge pour attirer l'attention. Eléa et Alex firent taire tout le monde puis laissèrent la parole à Andreas.
"Tania, Bill et moi sommes invités à une fête samedi soir"
La révélation fit du bruit à la table. Jamais encore, ils n'avaient été invités nullepart. Les parents accueillirent la nouvelle avec joie, quand aux autres une pointe de jalousie fit surface.
"Et comment cela se fait que vous voyez invités tous les trois ?
- Ouai pourquoi vous ?
- C'est qui ces gens ?"
Les exclamations surgissaient de partout dans la pièce. La voix de Alex fit surface, couvrant toutes les autres, les faisant taire :
"Taisez vous, et laissez Andreas nous expliquer."
L'intéressé sourit, puis se racla à nouveau la gorge :
"Il y a une fille adorable à la fac, Maria, qui est celle qui m'a le plus aidé à m'intégrer, et elle m'a proposé d'aller à son anniversaire demain soir. Elle m'a dit qu'afin de m'intégrer encore je devrais venir. Et puis elle moi je l'aime bien ! il rougit légèrement à cette dernière phrase
- Bon ! Jusqu'ici tout va bien, mais quel est le rapport avec Bill et Tania ? demanda Eléa doucement
- Et bien, sa s½ur, Sonia, est au lycée avec nous, commença Tania, et elle est la seule à être venue nous parler, elle nous a donc invité car sa s½ur lui avait proposer d'amener les personnes qu'elle voulait.
- Tout cela me paraît très clair ! Il n'y a pas de raison que l'on vous interdise de vous y rendre. Mais il y a tout de même certaine conditions à respecter : pas d'alcool, et pas de drogue. On ne connait pas l'effet que cela peut avoir sur vous, et j'ai bien peur que cela puisse être dangereux" termina Eléa d'un ton plus dur.

# Posté le samedi 29 novembre 2008 10:20

Modifié le lundi 18 mai 2009 07:53

Chapitre 5 : La Fête

Chapitre 5 : La Fête
La journée du lendemain passa très lentement, tant la soirée se faisait attendre. Tous les trois étaient impatients de savoir ce qu'était une fête. Bill se hâta de se préparer deux heures de partir (tout comme Tania et Andreas). Pour une fois, il lissa ses cheveux et les laissa descendre le long de sa nuque. Il opta pour un maquillage charbonneux, mais rajouta un peu plus de liner pour se donner un air félin, et termina le tout avec un peu de gloss. Il choisit de porter une simple chemise noire, qui épousait parfaitement les courbes de son corps, ainsi qu'un vieux jean délavé.
A vingt heures enfin, les trois frères et s½urs s'envolèrent pour la soirée. La maison de Sonia et Maria se trouvait dans un des quartiers les plus chics de la ville, des maisons aussi belles et grandes les unes que les autres se suivaient. Enfin ils arrivèrent au numéro 22. Une bâtisse entourée d'une gigantesque pelouse se dressait. C'était une maison à la française façon XIX siècle. De grandes fenêtre de type antique la surplombait, plusieurs parties du toit se terminaient en pointes richement décorées, et de nombreux balcons offraient sûrement une superbe vue de la ville. Une glycine en pleine fleuraison ornait la façade tout de blanc peinte, et de nombreux motifs d'ornement venaient décorer chaque coin de la bâtisse. A regarder cette somptueuse maison, on avait du mal à croire que l'on se trouvait en plein Hambourg. C'était simplement à en avoir le souffle coupé.
A peine eurent-t-ils posés pieds à terre, que deux petites têtes rousses masquées vinrent attraper les mains des trois adolescents, pour les envoler vers une fête qui s'annonçait mythique. Elles avançaient si vite vers l'entré de la villa, que Bill n'eut pas le temps de contempler le jardin de la pelouse. Le hall d'entré était lui aussi parfait, il se mariait parfaitement avec l'extérieur de la maison. Un grand lustre de cristal éclairait la pièce, des rideaux de velours saumon encadraient les fenêtres, des objets de décorations tels des chandeliers en or venaient se poser sur de somptueux meubles de bois vernis antiques. Les deux jeunes filles enlevèrent leurs masques. Bill remarqua à ce moment-là leurs tenues : elles étaient toutes les deux habillées en noblesses du XVIIIème siècle. Sonia portait une magnifique robe rouge qui lui découvrait les épaules, et sa s½ur portait la même robe mais de couleur vert émeraude. Elles étaient toutes les deux parées de somptueux bijoux.
"On a oublié de vous prévenir, commença Sonia de sa douce voix
- Le thème de la soirée est les années 1700-1800" continua sa s½ur
Bill observa ensuite qu'elles avaient exactement la même voix et que leurs visages se ressemblaient de façon déstabilisante. Mais Maria avait un air beaucoup plus mature et adulte que Sonia.
"Mais ne vous inquiétez pas, on a tout prévu pour vous"
Bill ne put s'empêcher de faire des yeux énormes, se déguiser ? Et puis quoi encore ?
Cependant, les deux jeunes filles les entrainèrent une nouvelle fois par la main vers une porte sur leur gauche. Se trouvait à l'intérieur un long escalier qui supportait un vieux tapis antique assorti aux rideaux de la maison. Ils gravirent tous les cinq cet escalier qui déboucha dans un couloir rougeâtre, peu éclairé mais qui laissait tout de même voir de nombreux vieux tableaux qui devaient couter une fortune.
"Toi Tania, tu viens avec moi," fit Sonia.
Les deux jeunes filles s'en allèrent vers une des portes du couloir, Bill fut déçu car il devina qu'elle l'amenait dans sa chambre, il aurait vraiment été curieux de la voir. Mais il oublia cette petite déception lorsqu'il entra dans celle de Maria.

Ellipse de quelques minutes

Le salon transformé en salle de bal était sûrement la pièce la plus magique de la maison. Elle n'était pas non plus gigantesque mais elle était tout de même grande. Les mur étaient habillés de tableaux, des chandeliers étaient allumés à chaque mur, un gigantesque lustre ornait le plafond, des tables recouvertes de nappes plus blanches que nature supportaient des boissons et des plats regorgeant de nourriture, des fenêtres dont la grandeur était encore plus impressionnante de dedans que de dehors laissaient apercevoir facilement les étoiles, un sol carrelé de blanc était si propre qu'il en miroitait la pièce, et avec au fond de la salle un espace réservé à la musique de la soirée. On avait l'impression d'avoir atterri dans une autre époque, mais il n'y avait pas que le décor qui en donnait cette impression. La pièce était remplie de monde habillé en nobles Français. On se serait cru dans la galerie des glaces en 1700. Mais le plus surprenant était que tout le monde portait un loup blanc sur le visage. Il y a avait dans cette salle, une aura de luxe, de retenue, de charisme qui émanait de chacun, de pure beauté, de plaisirs, de sensualité, de luxure.
Trois êtres magiques firent apparition au bout de l'escalier qui descendait dans le salon de bal. Les gens qui aperçurent les trois personnes masquées, leur firent une révérence comme par politesse, ou par habitude. Nous étions vraiment en 1700.
La première personne était une femme à la silhouette élancée, de magnifiques boucles d'ébène descendaient le long de son dos, une petite bouche peinte de rouge affichait un sourire. Sa robe était pourpre. Sa taille était affinée par un long corset noir souligné par une ceinture qui séparait le corsage de la jupe à volants. Ses épaules ses bras étaient nus, laissant apparaître une peau couleur neige. Les deux personnes qui l'encadraient étaient des hommes. Ils étaient habillés à peu près de la même façon. Le plus grand et élancé, avait ses cheveux retenus par une petite queue de cheval recouverte d'un chapeau haut de forme. Il portait une étoffe de velours noire courte devant et longue derrière. On devinait dessous une chemise légère blanche dont les dentelles des manches dépassaient et tombaient le long de ses fins poignets. Des broderies d'or, d'argent et de soie représentant des feuilles de laurier, de chêne venaient décorer l'étoffe. Il portait un pantalon de tricot beige qui dessinait parfaitement sa silhouette, qui était recouvert jusqu'à mis mollet de bottes de cuir noires à lacets. Son acolyte lui ressemblait beaucoup si ce n'est qu'il portait un pantalon large qui lui arrivait à mis-mollet et ses bottes étaient simples et il n'avait pas de chapeau haut de forme, mais plutôt une fine canne qui portait à la main.

Tous les trois laissèrent leurs regards se plonger avec un émerveillement, retenu, dans la salle qui s'étendait sous leurs pieds : l'expression « rêver éveillé » prenait alors tout son sens. La luminosité légèrement tamisée, dégagée par les lustres, teintait la pièce entière d'une lumière jaune orangé dégageant une atmosphère spirituelle, on voyait presque les petites paillettes dorées des dessins animés, briller d'un peu partout.
Seule l'agitation désordonnée de deux paires de bras au fond de l'escalier, les coupèrent de leurs contemplations. Maria et Sonia les invitaient à descendre et se mêler à la foule qui avait repris son effervescence.

POV Bill

Cela pouvait paraître étrange, mais nous nous regardâmes tous les trois pendant quelques secondes, comme si nous allions entrer dans un lieu sacré qui allait marquer notre vie à jamais. Puis, nos pieds « pénétrèrent » la première marche comme si nous entrions dans un tunnel sacré. Nous descendîmes les marches avec une certaine précaution, mélangée à la sensation qu'un pas hasardeux pourrait briser cette atmosphère formidable. Enfin lorsque nous atterrîmes dans la pièce même, ce qui nous frappa le plus c'est que nous ne nous étions jamais sentis aussi petits, inférieurs. Les gens allaient où bon leur semblait, le regard caché par des masques aussi singuliers les uns que les autres, ils dégageaient tant de naturel et tant de majesté... Même si nous savions que cela était dut à l'ambiance générale ainsi qu'à leurs vêtements élégants, ce monde qui de l'escalier nous était apparus minime, nous dominait à présent. Encore une fois, je fus coupé de mes rêveries par Sonia qui m'entraina vers le buffet richement garnis de nourriture et de boissons. Les deux s½urs nous tendirent deux longs verres à pieds contenant un liquide pourpre. Nous ne mîmes pas longtemps à réagir ; après s'être jeté des regards furtifs, Andréas demanda de quoi il s'agissait avec contenance pour ne pas paraître trop novice.

« Un simple vin rouge, » fit Maria

Nous préférâmes ne pas refuser et nous bûmes lentement ce liquide rougeâtre tout en continuant de regarder la salle. Alors que le vin n'était pas si inconnu que ça à nos papilles (il nous avait déjà été autorisé d'en boire lors des occasions), nous continuions à scruter la salle en silence. En ce qui me concernait, je cherchais Tom. Mais comme nous étions tous masqués, le trouver n'allait pas être une tâche si facile. Je me tournait vers Sonia, puis je lui demandai avec désinvolture si nous allions enlever nos masques à un moment donné.

« Je ne sais pas, je n'y ai pas réfléchis, pourquoi tu cherches quelqu'un ? »

La réponse me désarçonna quelque peu. C'est vrai, pourquoi je posais cette question stupide ? Je ne cherchais personne, du moins je Le cherchais sans vraiment m'en apercevoir. C'était comme... comme un automatisme. « où est-il ? Il faut que je le trouve.»

« Non, simple curiosité. »

Je mis fin à la conversation ainsi, en fait ce ne fut pas moi qui y mit fin, c'était lui. Je pensais qu'il me serait difficile de le reconnaître, mais ses dreadlocks rassemblées en une queue de cheval faisaient presque étiquette. Ses vêtements lui allaient à merveille, soulignant les courbes de son corps, le blanc de sa chemise lui donnait un air faussement angélique, les lacets ce cuir qui fermaient le col en V laissaient voir un bout de torse, une veste de velours vert clair l'habillait un peu plus, et un pantalon de tricot qui s'arrêtait au niveau du genoux contenait le fond de sa chemise. Mr. Kaulitz était suivit d'un cortège de deux ou trois filles qu'il faisait semblant d'ignorer. Le garçon s'approcha alors du buffet et se servit d'un fameux verre de vin, puis il se tourna vers Sonia qui se trouvait à quelques centimètres de lui.
« Magnifique fête Sonia, qui sont ces invités ? » Dit-il en nous regardant.

Il n'avait vu que Léon et Tania lorsqu'il posa cette question, puis il m'aperçut. Je me demandai alors si mon masque et mon chapeau haut de forme suffisaient à me déguiser. Il me fixa à travers mon loup pendant quelques seconde, je crois qu'il comprit qui j'étais mais fit comme si il l'ignorait.

« Ah, ce n'est pas du jeu si je te le dis ! » Répondit-elle avec un adorable sourire

Il fixa alors les prunelles de Sonia, puis il lui prit doucement la main et y déposa un léger baiser. Un tel acte élégant de sa part m'ébranla, mais je me ravisais en me disant que c'était l'ambiance qui l'avait changé. C'est à ce moment que cela me frappa, il y avait une réelle aura magique autour de cette salle. Mon imagination partit alors dans un délire complètement incompréhensible. Sonia et Maria avaient été des muses, ou des princesses, ou même des fées dans une vie antérieure. Elles cherchaient maintenant à revivre désespérément leur vie d'autrefois dans cette enveloppe corporelle qui leur avait été imposée, et qui ne leur correspondait pas. Cette soirée était un retour dans le temps. Pendant cette réflexion désordonnée, les regards de ma s½ur et de mon frère se collaient sur ce que je tenait dans la main. J'avais vidé mon verre aussi vite qu'on me l'avait rempli. Je repensais alors au délire sur les origines de nos hôtes qui venait de m'attraper : Eléana avait raison lorsqu'elle disait que les effets de l'alcool nous étaient inconnus et peut-être néfastes. « Mais si c'était le cas ? » Alors elles auraient changé la plupart des invités en personnes respectables, dignes de grande courtoisie. « Et si moi aussi ce soir je changeais enfin ? » me disais-je. Mes yeux se focalisèrent encore une fois sur Tom qui était en train de parler tendrement dans le creux de l'oreille de Sonia. Elle, gardant sa tenue, se contentait de dessiner un petit sourire sur son tendre visage de... muse. Un pincement attaqua la partie gauche de ma poitrine. C'est sûrement ce qu'on appelle le C½ur. Quelque chose me gênait, m'entravait. Non pas physiquement, mais cela s'attaquait à mon cerveau et à... mon c½ur. J'avais beau tenter de détourner les yeux de cette scène, mais cet encombrement restait là dans mes songes. Il fallait que j'y remédie je ne pouvais pas laisser ça me handicaper. Je mis enfin le doigt dessus. Une vision fugitive fit apparition.

Un enfant est avec moi, mais je ne le vois pas, je le sens seulement. Le flou du souvenir m'empêche de voir qu'est-ce qu'il fait là, dans mes pensées, ce n'est pas normal, rien ne doit m'échapper. J'essaie de le chasser, mais je suis planté sur cette autoroute où les souvenirs roulent à toute vitesse devant mes yeux. J'abandonne, je cesse de le repousser. Il m'envahit à nouveau. Je sens mes fesses posées sur quelque chose de légèrement humide, froid, le air léger me caresse la joue alors que je sens une délicate chaleur m'effleurer la nuque. Je crois que je suis dehors, assis sur une pelouse à peine sèche des pluies récentes. L'enfant dont je sens la présence fait pousser un rire de sa gorge qui m'émerveille comme si j'entendais pour la première fois de ma vie un carillon de cloches. Cette présence... Elle m'aveugle tant que je ne vois pas l'enfant. C'est son existence même qui prend une importance titanesque en moi. Je ne sens plus l'air du vent, la chaleur du soleil, la fraicheur de l'herbe, je ne sens que cette présence existentielle. Un rire jumeau grandit à son tour dans mon corps. L'innocence de ce rire remplit mon corps d'une puissante énergie, dont je me délecte. Puis, semblable à un coup de feu, la piqûre arrive. L'enfant disparaît, je sens son entité s'éloigner. Mais il n'est pas seul, un autre rire l'accompagne, d'un ton plus aigu. Un rire presque plus adorable que le notre, mais que je déteste, la haine que j'éprouve envers lui me détruit. La jalousie m'envahit. C'est ça, la jalousie.

Je ressortis de ma vision, j'eus l'impression qu'elle dura une éternité, pourtant le temps s'était comme arrêté. Rien n'avait changé, Tania et Andréas étaient toujours en train de fixe mon verre. Mais je n'en faisais plus cas, j'avais enfin compris le sentiment qui me habitait, et tout cela au moyen d'un souvenir dont j'ignorais totalement la provenance. En temps normal je m'en serais inquiété, cela m'aurait désarçonné au point d'arrêter toute fonction de pensée en moi. Mais là, au contraire, j'étais tel un cachet en effervescence, les pensées éphémères remontaient à la surface pour éclater tant elles étaient névrosées. Mais toutes partaient du même point, ou de la même problématique : étais-je jaloux de Tom ? Ou de Sonia »

# Posté le mercredi 18 février 2009 07:16

Modifié le samedi 31 octobre 2009 18:40